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Tome I.
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TROP GRANDE SUBDIVISION DU TRAVAIL.

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est que la division du travail est favorable à la découverte des machines.Elle simplifie chaque opération en particulier, et l’occupation simplifiéedevient susceptible d’être exécutée par une force aveugle. Mais cela mêmerend quelque avantage à la dignité humaine ; car, du moment qu’un hommen’a plus à faire que la fonction d’une cheville ou d’une manivelle, on le dé-charge de cette fonction toute mécanique, et l’on en charge un moteur. Lesmachines corrigent donc plutôt qu’elles n’aggravent cet inconvénient.

C’en est un plus grave de rendre chaque travailleur en particulier tropdépendant de ses confrères et des entrepreneurs d’industrie. Comme dé-pendant de ses confrères, son existence est précaire. Un homme qui saitfaire des sabots peut faire des sabots partout ; mais un homme qui ne saitfaire que des cadrans de montre, s’il est conduit par la fortune dans unpays où il n’y a pas une fabrique d’horlogerie montée en grand, ne pourrarien faire du tout ; car quel besoin a-t-on de cadrans là où les autres par-ties d’une montre ne sauraient être exécutées? Comme dépendant de l’en-trepreneur d’industrie, l’ouvrier qui ne fait qu’une partie d’un produit ace désavantage, que le nombre des concurrents qui ont besoin de son Iravail est borné à celui des entrepreneurs ; tandis que s’il faisait un produittout entier, il tirerait avantage de la concurrence des consommateurs.

Il y a bien sans doute un peu de dégénération dans les facultés de l’in-dividu lorsque toute son occupation , toute son attention , tous ses soins,sont dirigés vers une opération de détail trop constamment répétée. Ce-pendant on aurait tort de croire qu’une opération de ce genre entraîneun abrutissement nécessaire. En premier lieu, ceux qui, dans les arts, sevouent aux opérations les plus machinales, ne sont pas en général lessujets les plus distingués. Parmi les maçons, celui quia de l’étoffe pourfaire un bon appareilleur, ne reste pas longtemps scieur de pierre. Cedernier métier n’abrutirait donc que ceux dont l’esprit ou l’adresse neseraient guère propres à des occupations plus relevées : mais un hommea beau être scieur de pierre, sa vie entière n’y est pas employée. Il consacre nécessairement une partie de son temps à ses camarades, à sa femme,à ses enfants, à ses plaisirs. De là des relations où la partie intelligenteet sensible de son être trouve quelque aliment'.

1 On sait que l’un des plus agréables auteurs dramatiques du siècle dernier,Sedaine, avait commencé par être scieur de pierre. Il ne paraît pas que ce travailmachinal eût abruti ses facultés intellectuelles.