IHJ SERVICE DES MACHINES.
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Les instruments dont il arme sa faiblesse pour agir sur les objets maté-riels, sont les outils et les machines. Je ne les sépare pas dans mon ex-pression, parce qu’au fond les machines et les outils sont des instrumentspareils quand à leur essence. Les uns comme les autres ne sont que desmoyens de faire servir les puissances de la nature à l’accomplissement denos desseins. Quand nous enfonçons un clou à l’aide d’un marteau, nousfaisons usage d’un instrument qui nous permet de tirer parti de la puis-sance qui résulte d’une loi de la physique : celle du choc des corps. Quandnous employons une roue de moulin pour soulever ces énormes marteauxde forge qui aplatissent et alongent une barre de fer, nous employons uninstrument qui nous permet de tirer parti d’une puissance qui nous estégalement fournie parla nature- La seule différence qu’on puisse aperce-voir entre ces deux instruments, est que nous appelons en général du nomd 'outil une machine fort simple, et du nom de machine un outil plus com-pliqué. Du reste l’analogie est parfaite.
Nous devons remarquer que, dans l’un comme dans l’autre cas, l’instru-ment n’engendre aucune force ; il n’est qu’un intermédiaire entre une puis-sance qui n’est pas en lui, et le corps sur lequel nous voulons que cellepuissance agisse Quand le bras frappe un coup de marteau, la puissanceest dans la force musculaire du bras ; quand une chute d’eau soulève lemartinet de la forge, la puissance est dans le poids de l’eau qui tombe surla roue. Quelquefois nous appelons du nom de moteur la machine à l’aidede laquelle nous recueillons une force; ce n’est pas elle cependant quidonne l’impulsion; elle se contente de la transmettre. Dans une machine àvapeur, les moteurs véritables sont la force expansive de la vapeur et lepoids de l’atmosphère. La machine sert à recueillir leur action pour notreusage.
Les machines nous servent encore sous un autre rapport; elles modi-fient, elles changent l’action, la manière d’agir de la force et du mouve-ment. Réduits au simple usage de nos mains, il nous est impossible d’im-primer une très grande vitesse à l’objet le plus léger, tout comme de dé-placer d’un travers de cheveu une pierre de taille; tandis qu’à l’aide d’unemachine nous imprimons à un fuseau une rapidité qui échappe à la vue, etet à l’aide d’un cric nous remuons d’énormes fardeaux. Dans le premier
1 Chercher une machine, où la force est dans elle-même, c’est la folie du mou-vement perpétuel.