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Tome I.
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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XVIII.

cas nous transformons de la force en vitesse, dans le second nous trans-formons de la vitesse en force.

Dans une pendule ou une montre, le moteur est la main qui monte leressort; cette force s’accumule dans la machine et se distribue ensuite len-tement dans les aiguilles, jusqu’à mettre plusieurs jours, et même plusieurssemaines à se développer.

Au moyen d’une machine, nous modifions encore la direction des forces,comme lorsqu’elle nous sert à transformer un mouvement alternatif en unmouvement continu, ou bien un mouvement vague et incertain en un mou-vement précis et régulier. Il serait possible à la rigueur d’exécuter au pin-ceau les dessins de nos toiles peintes; mais avec un cylindre gravé, nousexécutons celte façon avec une régularité, une rapidité, qui rendent lesdessins beaucoup plus parfaits et les étoffes beaucoup moins coûteuses.

Sous tous ces rapports, nous trouvons dans les machines des moyensd’obtenir une plus grande quantité d’utilité pour une moindre somme defrais, et l’avantage obtenu est d’autant plus grand, que le choix delà forcemotrice est mieux entendu et la machine plus parfaite.

La machine la plus parfaite est celle qui parvient à son but par la voiela plus simple et la plus courte; avec le moins de frottements et de forcesperdues ; celle dont les matériaux sont plus solides et moins coûteux ; cellequi est le moins exposée à se déranger, et qui se répare le plus aisément.

Quand je dis que les procédés les plus simples et les plus expéditifs sontpréférables, je ne prétends point proscrire les machines compliquées : onne peut souvent parvenir à un but proposé que par des voies difficiles. Jedis seulement que si, pour arriver au but, il existe un moyen plus promptet plus simple que celui qu’on propose, celui qu’on propose n’est pas lemeilleur.

Le choix d’un moteur et des machines propres à en transmettre la forceet le mouvement, donne lieu à des considérations importantes relativementà l’économie des sociétés. Il n’est point de mon sujet d’étudier leur puis-sance sous le rapport des sciences physiques qui en assignent les causes,l’intensité, la durée; mais sous le rapport de l’économie qui en observefutilité et l’influence sur la société.

Je remarque d’abord que l’application des forces aveugles aux besoinsde la société est récente, comme les sciences, plus même que la plupartdes sciences ; car il a fallu que les sciences eussent fait des progrès, avantque l’art de les appliquer pût en faire. Chez les peuples de l’antiquité, onprodiguai! les forces de l’homme, quelquefois celles des animaux; onn’eni-