L)U SERVICE DES MACHINES.
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ployait ni l’eau ni le vent pour moudre le grain. Les navires étaient à lavérité mus par les vents ; mais les navires des anciens étaient des machinesbien grossières et bien imparfaites en comparaison des nôtres. On avait desmachines de guerre ingénieuses. Une baliste lançait des projectiles ; maisc’était la force de beaucoup d’hommes, accumulée pour tordre ensembledeux cordes ou pour élever un contre-poids, qui donnait une impulsion.
De l’avantage que l’homme retire de l’emploi des outils et des machines,il convient de déduire les sacrifices qu’il fait pour l’obtenir. Quoique l’a-vantage surpasse de beaucoup ce qu’il coûte à l’homme, nous ne pouvonsadmettre pour un gain que l’excédant de la valeur épargnée sur la valeurdéboursée '.
Les machines, soit qu’elles suppléent au travail des hommes en met-tant enjeu celui de la nature, soit qu’elles procurent un meilleur emploidu travail des hommes lui-même, permettent qu'on obtienne une mêmequantité de produits, par le moyen d’un moins grand nombre de tra-vailleurs. C’est en cela même que consiste le principal de leurs avantages;mais celui-ci, aux yeux de bien des personnes, passe pour une circons-tance fâcheuse. Elles regardent le malheur de ne pas fournir de l’ouvrageaux indigents comme supérieur au léger inconvénient de payer un pro-duit plus cher. Ce que ces personnes regardent comme un léger inconvé-nient, est le principal obstacle qui s’oppose aux progrès des sociétés, ainsique je vous l’ai prouvé (I re part., ch. 9). En se procurant les choses quipourvoient à ses besoins, l’homme fait un échange de ses travaux contredes produits ; conséquemment, moins il donne de ses travaux (quels quesoient les hommes qui les fournissent), et plus l’échange qu’il fait est avan-tageux. Si, par une supposition extrême, les produits ne coûtaient aucunssacrifices, ils pourraient être obtenus pour rien ; les travailleurs ne trou-veraient plus d’ouvrage, mais ils n’auraient plus besoin de travailler. Or,toute économie de travail, sans atteindre ce but, est un pas de fait pouren approcher. C’est ce qu’un exemple va rendre sensible. Nous évalueronsl’économie qui résulte, pour la société, de la moulure du blé par un de nosmoulins à eau ordinaires, comparée avec ce qu’elle nous coûterait si nous
1 Relativement au choix des moteurs,;» leur emplacement et à leur emploidans l’intérêt des entrepreneurs, on trouvera les développements dans la suitede cet ouvrage (II e partie, cliap. 11).