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PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE XIX.
servent à la fabrication des cotons. Rien ne parle plus haut que les faitsquand leurs causes sont bien connues et toutes leurs circonstances facile-ment expliquées. Un narré abrégé de ce que fut autrefois le commercedu coton et de ce qu’il est devenu depuis qu’on a travaillé ce produit avecdes machines expéditives, ne sera donc pas déplacé dans un Cours tel quecelui-ci; d’autant plus qu’en nous servant d’exemple, il nous suggérerades réflexions de plus d’un genre sur les révolutions de l’industrie et l’éco-nomie des nations.
CHAPITRE XIX.
De la révolution survenue dans le commerce, à l’occasion des machines à
fderle coton.
Il paraît, d’après les recherches des savants, que tous les pays chauds,particulièrement dans le voisinage des mers, produisent quelque espècede coton qui leur est indigène. On en cultive de temps immémorial dansl’Indoustan, en Chine, en Perse, en Égypte, dans l’île de Candie et en Si-cile. Il y a très longtemps qu’on en récolte dans les parties méridionalesde l’Italie et de l’Espagne ; et les naturels de l’Amérique méridionale cul-tivaient déjà plusieurs espèces de cotonniers au moment ou l’on en fit ladécouverte; ce qui a multiplié les espèces et les variétés de celle planteau point qu’aucun naturaliste n’a pu encore les décrire toutes, et qu’iln’est aucun négociant, aucun planteur, aucun courtier, qui en ait une con-naissance complète. Leur mélange et leur transplantation multiplient en-core tous les jours les variétés qu’on en possède.
La facilité de recueillir et de travailler le beau duvet que produisentles cotonniers, a permis aux habitants de tous les lieux où l’on en récolted’en faire des vêtements et des ameublements plus ou moins élégants etcommodes, selon l’état de leur civilisation ; mais il n’est devenu un véri-table objet de commerce que pour les peuples assez industrieux pour enformer des tissus qui, par leur beauté et leurs qualités durables, pussentêtre recherchés généralement, et pour les établir à un prix modéré quien favorisât le débit hors de chez eux. C’est par cette raison que les Per-sans, les Indous et les Chinois, ont été, dès l’antiquité la plus reculéejusqu’à nos jours, les principaux, ou plutôt ies seuls marchands de colonmanufacturé, comme les Chinois ont été les seuls marchands d’étoffes de