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Tome I.
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I)ES SYSTÈMES SUR LA PRODUCTION TERRITORIALE. 2Li

« les esprits, qu’il est devenu très difficile de s’en débarrasser enlière-« ment. Le savant et judieieux écossais, Adam Smith, a bien vu que le« travail est notre seul trésor, et que tout ce qui compose la masse des« richesses d’un particulier ou d’une société n’est autre chose que du tra-« vail accumulé, parce qu’il n’a pas été consommé aussitôt que produit,v 11 a reconnu que tout travail qui ajoute à celle masse de richesses plus

« que n’en consomme celui qui l’exécute, doit être appelé productif.

<( Cependant il croit voir, dans la rente de la terre j encore autre chose que« ce qu’il appelle les produits d'un capital. Il la regarde comme un pro-« (luit de la nature.

k M. Say (je supprime ici les qualifications beaucoup trop flatteuses« dont M. de Tracy a la bonté d’accompagner mon nom) prononce sans« hésiter qu’un fonds de terre n'est qu'une machine néanmoins, entraîné« par l’autorité de ses prédécesseurs, qu’il a si souvent corrigés et sur-« passés, ou peut-être dominé seulement par l’empire de l’habitude et de« je ne sais quel prestige, M. Say lui-même revient ensuite à se laisser« éblouir par l’illusion qu’il a détruite le plus complètement possible. Il« s’obstine à regarder un fonds de terre comme un bien d’un nature toul-« à-fait particulière, son service productif comme autre chose que futilité« d’un outil, et son fermage comme différent du loyer d’un capital prêté ;« enfin il prononce encore plus formellement que Smith, et même en le« discutant, que c’est de Faction de la terre que naît le profit qu’elle donne« à son propriétaire. »

M. de Tracy ajoute que dans cette manière de voir tout est embrouilléet sophistiqué dès le principe, et que l’on ne peut plus se faire, sur tous cesobjets, que des opinions arbitraires et incohérentes. Tel est le jugementqu’en porte M. de Tracy ; mais je suis plus coupable encore qu’il ne le dit,car j’attribue le pouvoir de produire, non seulement à cet instrument quenous nommons un fonds de terre, mais à la charrue, aux chevaux, auxbrebis, à tous ces instruments que nous nommons un capital. Il me rendla justice de convenir que je regarde le sol comme autre chose qu’un outil,et son fermage comme autre chose que comme un intérêt de capital prêté :c’est une concession queje ne mérite point. Je distingue le capital du fondsde terre, pour l’amour de l’analyse ; du reste, j’établis que le capital pro-duit aussi bien que le fonds de terre , et que ce qu’on est obligé de payerpour obtenir le concours du capital, nous donne la mesure de l’utilité dontil est dans la production ; de même que ce que l’on paie pour obtenir leconcours du terrain, et ce que l’on paie pour obtenir le travail industriel,