Band 
Tome I.
Seite
216
JPEG-Download
 

216

DEUXIÈME PARTIR

CHAPITRE II.

nous donnent la mesure de la quantité d’utilité produite par eux, c’est-à-dire la quotité de leur production.

En effet, si le concours d’un champ, si le concours d’un capital, sontaussi indispensables pour obtenir un produit que le concours d’un ouvrier ;s’il n’y a aucun autre moyen plus économique d’obtenir un produit si leconsommateur qui achète ce produit trouve en lui une utilité suffisantepour qu’il consente à rembourser tous les frais de production que ce pro-duit a nécessités, pourquoi n’en concluerail-on pas que les services detout genre dont le paiement a constitué les frais de sa production sontproductifs * 2 ?

Ce n’est donc pas le travail tout seul qui produit, et dans le prix cou-rant des choses, il y a donc une portion de valeur qui excède celle du travailqui a concouru, à les créer.

David Ricardo, qui a publié, en 1817, des Principes d’Économie poli-tique, adopte la doctrine de Smith sur ce point que (sauf dans les chosesqu’il ne dépend pas de l’homme de multiplier à volonté, et auxquelles leurrareté sans remède peut accidentellement faire mettre un très haut prix)les choses ne valent que la peine, le travail qu’elles ont coûté ; que laquantité de travail fixé, réalisé dans un produit, détermine seule sa valeuréchangeable ! ; et conséquemment que la terre ne produit aucune valeur.Voici le raisonnement dont il appuie cette proposition.

II suppose un pays tout neuf et où il se présente plus de terre qu’onn’en peut cultiver. On commencera, dans ce pays, par cultiver les terresles plus fertiles et les mieux situées; et leurs produits auront une valeurégale aux avances en travail et en capital que leur culture aura exigées;mais le service rendu par le sol ne sera pas payé, aussi long-temps qu’ilexistera des terres également fertiles non encore cultivées; car celles-cipouvant être cultivées sans exiger la dépense d’un loyer, l’entrepreneurqui aurait cette dépense à supporter ne pourrait soutenir la concurrence

' Il ne faut pas oublier que si le terrain, si le capital n’avaient pas de pro-priétaires qui se fissent payer le concours de ces instruments, on n’aurait pasleurs produits à meilleur marché, puisqu’on ne les aurait pas du tout. (Voyez lechapitre précédent.)

2 Toute valeur reconnue est une richesse; et le service du sol et celui du ca-pital ont une valeur reconnue, puisqu’on consent à les payer. (Voyez I re partie,chap. 2.)

J Page h, de l’édition anglaise.