DES SYSTÈMES SUR LA PRODUCTION TERRITORIALE
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de ceux qui ne la paieraient pas. Cependant les habitants se multiplient;ils croissent en aisance; et le produit des meilleures terres ne suffit plusà leur consommation. Alors le prix des produits territoriaux, du blé sivous voulez, s’élève au point qu’il convient de cultiver les terres de secondequalité.
Celles-ci, avec le même capital, le même travail, ne rendent que 90boisseaux sur le même espace où les terres de première qualité rendenti 00 boisseaux. Dès cet instant, les propriétaires des terres de premièrequalité peuvent obtenir un fermage ; car, si un cultivateur trouve soncompte à exploiter un terrain qui ne rapporte que 90 boisseaux, un autretrouvera son compte à payer un-loyer de 10 boisseaux pour être autoriséà exploiter un terrain qui en rapporte 100 : en effet, après avoir payé 10boisseaux au propriétaire , il lui en reste 90 , dont le prix suffit pour luirembourser toutes ses autres avances, en y comprenant ses profits.
Si la population et le prix du blé augmentent encore, on pourra trouverdu profit à cultiver les terres de troisième qualité, c’est-à-dire celles quine rapportent que 80 boisseaux. Alors, les propriétaires des terres deseconde qualité pourront trouver à les louer moyennant un fermage de10 boisseaux, et les propriétaires des terres de première qualité pourrontlouer les leurs moyennant un fermage de 20 boisseaux ; puisque aprèsavoir payé 20 boisseaux il en restera 80 aux fermiers, c’est-à-dire le mêmeproduit que l’on tire des terres de troisième qualité.
On peut ainsi continuer la supposition jusqu’aux terres de quatrièmeet cinquième qualité, jusqu’à ce qu’elle représente l’état réel du pays donton s’occupe.
Celte manière de décrire les faits est exacte ; les choses se passent ainsi,et la remarque en a été faite dès longtemps. Adam Smith a consacré unepartie considérable de son livre à rechercher les cas où les terres rap-portent plus ou moins de profits en commençant par celles qui n’endonnent point 1 . Il trouve que le fermage ( rent ) varie non-seulement enraison de la fécondité de la terre , mais en raison de sa situation et des cir-constances de la société ‘5 il n’y a donc rien de neuf dans l’observation de
1 Richesse des Nations, liv. I, chap. 11, partie 1 et 2.s Dès la première édition de mon Traité d'Economie politique , public en 1803,quatorze ans avant la première édition de l’ouvrage de Ricardo, j’avais assigné,d’après Smith, comme les causes du profit foncier (rent), la position dit terrain,