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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE H.
llicardo. Les conséquences qu’il en tire sont-elles plus neuves ? C’est ce quenous allons voir.
Voici ses expressions : « Si le prix élevé du blé était l’effet et non la« cause du profil foncier ( [rent ), le prix serait plus haut ou plus bas, selon« que le profit foncier serait élevé ou non , et le profit foncier formerait« une portion du prix. Mais le blé résultant d’un plus grand travail est« le régulateur du prix du blé ; et le profil foncier 11 e fait pas partie, ne<« peut pas le moins du monde faire partie du prix du blé. » El il ajouteen note : « Ce principe, bien entendu, est selon moi de la plus haute im-« portance dans la science de l’économie politique'. »
Or, il est facile de voir que ces paroles de l’estimable auteur ne sontqu’une autre manière d’exprimer cette vérité, que les besoins de la sociétésont la cause de la demande qu’on fait des produits quels qu’ils soient * 1 2 ;et que la demande est cause du prix qu’on y met, pourvu que ce prixsuffise pour payer les frais de production; car, si le prix courant nes’élève pas assez pour payer les frais, le produit 11 ’a pas lieu. Cette doc-trine est exprimée partout dans mes ouvrages, et découle au surplus decelle d’Adam Smith.
Il en résulte que le profit foncier, ou le fermage, qui représente en gé-néral le profit foncier, fait partie des frais de production, et par conséquentdu prix des choses, de la même manière que tous les autres frais de pro-duction, ni plus ni moins. Les difficultés que nous éprouvons pour jouirdes produits qui nous sont nécessaires, en élèvent le prix, sans quoi nullechose ne nous coûterait plus cher que l’eau et l’air. Dès lors, les hommesqui ont vaincu ces difficultés ne nous cèdent les produits qui en résultentqu’autanlque nous leur donnons en échange des produits où des difficultéséquivalentes ont été vaincues 3 . C’est en ce sens que les frais de production
sa fécondité cl la richesse du pays où il se trouve placé. Voyez l rc édit., tome 11,page 307.
1 Principles of Polilical Economy and Taxation, 3 e édition anglaise, page 67.
2 On peut remarquer à ce sujet que Ricardo, en reconnaissant implicitementque ce sont les besoins de la société qui font monter le blé assez haut pour queson prix suflise à payer des travaux et des fermages plus élevés, dément unedoctrine à laquelle il tient beaucoup : c’est que la proportion entre l’offre et lademande 11 ’a point d’influence sur les prix, et que ce sont les seuls fraig de pro-duction qui déterminent le prix courant.
3 La nécessité d’acheter d’un propriétaire le droit de faire travailler sa terre.