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Tome I.
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DES SYSTÈMES SLR LA PRODUCTION TERRITORIALE. 219

font partie du prix où montent les produits, quoique la cause primitivede ce prix soit le besoin que nous en avons, la satisfaction qui résulte deleur consommation. C’est ce besoin, c’est cette satisfaction qui nous déter-minent à faire les sacrifices sans lesquels on ne peut obtenir un produit,soit directement, soit par voie d’échange. En tous pays, il se trouve desterres qui ont différents degrés de fertilité, depuis celles dont on ne sauraittirer aucun fermage, jusqu’à celles dont on paie le plus haut loyer. Lefroment qui pousse sur les plus mauvaises ne se paie pas plus cher quecelui qui pousse sur les meilleures, parce que les frais de production sontles mêmes pour le froment, quoiqu’ils se composent d’éléments différents.Le froment produit sur les mauvaises terres coûte beaucoup en main-d’œuvre, en engrais, etc. Le froment produit sur les bonnes coûte moinsen main-d’œuvre et plus en fermage '. Ces frais, du reste, quoique appar-tenant à des causes différentes, sont de même nature, quant au prix. Laquestion de savoir s’ils font partie du prix, ou s’ils n’en font pas partie,quoiqu’on ne puisse pas se dispenser de les payer, est une question depure abstraction, dont la solution n’influe en rien sur la pratique. Lescon-séquences qu’on en tire sont d’autres abstractions, comme, par exemple,que le prix n’est jamais déterminé par la nécessité de payer un fermage,mais par la nécessité de donner une certaine quantité de travail pour fairenaître tout le blé dont les consommateurs ont besoin ; et, sur ces abstrac-tions, on fonde des principes, comme celui qui veut que les frais de pro-duction consistent toujours dans le salaire d’un travail, et nullement dansle service d’un fonds de terre, ou d’un capital, quoique le concours de cesagents soit indispensable, et quoique le droit de propriété, reconnu pour-tant nécessaire, donne aux propriétaires le droit de faire payer ce con-cours aussi incontestablement qu’il donne au manouvrier le droit de sefaire payer son travail.

Il me semble donc que les observations de la nature de celles faites

et la nécessité d’acheter d’un manouvrier le droit de le faire travailler lui-même,sont des difficultés du même genre, et méritent également d’être rangées parmiles dépenses que nécessite la production.

' On peut voir, en plusieurs endroits de cet ouvrage, et notamment dans tousceux où il est question de la propriété foncière, que l’appropriation des terresest une nécessité, une difficulté qui ne peut être surmontée qu’en reconnaissantun propriétaire, en lui payant un fermage, et que, malgré le fermage, le blé coûtemoins cher de celle manière que s’il n’y avait ni propriétaire, ni fermage.