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Tome I.
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CULTURE DU SUCRE; ESCLAVAGE DES NEGRES. 245

tour à s’accoupler, et pour cola sollicitent un nouveau coin de terre avecsa cabane. Les agens tertiaires, qui ne sont que des espèces de paysans,sont plus à portée qu’un propriétaire de faire payer, soit en nature, soiten argent, tous ces petits loyers, et présentent aux agens secondaires unpeu plus de garanties que le cultivateur immédiat, qui 11e possède rien enpropre; et les agens secondaires en présentent encore plus au principallocataire, qui est un homme d’affaires important.

On voit que ce genre d’exploitation met les pauvres agriculteurs entreeux dans un état de concurrence perpétuel pour obtenir des terres à loyer ;car ils ne sauraient vivre sans un petit terrain, et 11e peuvent l’obtenir qu’enenchérissant les uns sur les autres. Pour enchérir, pour payer en mômetemps l’impôt et leurs prêtres, il faut qu’ils se réduisent à ne consommerque ce qui est rigoureusement indispensable au soutien de la vie. Le cride la nature les oblige à partager leur chétive portion avec leurs enfants ;et, lorsque la saison est contraire aux pommes de terre, nul autre supplé-ment ne vient à leur secours. Ils mendient ou ils volent, ou bien se sou-lèvent en masse. L’ignorance, la superstition, sont les compagnes de lamisère. L’Irlande est une des plaies de l’Angleterre, dont elle pourraitdevenir une des plus fertiles provinces '.

CHAPITRE VI.

De la culture du sucre et de l’esclavage des nègres.

On a vu, dans les trois derniers siècles, des Européens se disant chré-tiens et civilisés, renouveler, et même d’une manière plus criante, le sys-tème des païens et des barbares qui cultivaient leurs terres par des es-claves et à coups de fouet. Les conquérants qui envahirent les îles du golfemexicain, ne pouvant soumettre les indigènes, les exterminèrent, et al-lèrent aux côtes d’Afrique enlever de force des nègres qui ne leur avaientjamais fait de mal, pour cultiver des îles qu’ils n’occupaient que par le

1 Je crois que l’état de l’Irlande est très susceptible de remèdes ; mais je megarderai bien de les proposer, parce qu’il faudrait que j’eusse une connaissanceplus intime du pays, et parce qu’ils choqueraient trop de préjugés enracinés enAngleterre, et trop d’intérêts puissants, pour pouvoir être bien accueillis.