DES MOYENS DE TRANSPORT.
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tant d’incertitude et de lenteur, préfèrent quelquefois diriger leurs mar-chandises par la voie de terre, et l’on perd ainsi tout l’avantage qu’on pou-vait tirer d’un moyen de communication fort supérieur'.
On m’a cité des cas où le génie militaire est parvenu à détourner le tracédes canaux de la route la plus avantageuse au commerce, afin de les faireservir à la défense et à l’approvisionnement des places de guerre en casde siège. Qu’est-il arrivé? On a mis peut-être une place forte en état derésister trois jours de plus à une attaque régulière qui ne se présente pasune fois dans deux cents ans, et Ton a privé le commerce de l’usage d’uneroute liquide qui, si elle eût été libre, eût fait ou rétabli dix fois la pros-périté de la contrée dans le même espace de temps, en supposant (ce quin’arrive pas toujours) que l’ennemi l’eût pillée. Un des bienfaits de l’éco-nomie politique est de nous mettre à même d’apprécier chaque avantageà sa juste valeur * 2 .
' Oh lit dans un rapport de la chambre du commerce de Paris, qu’un bateaude charbon de terre, pour venir seulement de Saint-Quentin .à Paris, met autantde temps qu’un navire en met pour aller aux Antilles et en revenir. Les fraisqu’occasionne un tel délai suffisent pour rendre nul l’avantage du canal relative-ment à ce produit, ainsi qu’à beaucoup d’autres égards.
2 Au Havre, le génie militaire demande depuis quarante ans, pour établir desfortifications, une partie de l’espace où est le port. La guerre ainsi devenue unesource de dévastation, même en temps de paix, veut détruire des sources deprospérité, de peur que l’ennemi ne les détruise.
La police n’est pas moins souvent destructive de moyens de prospérité. Voicice que je trouve dans un écrit publié sur la libre navigation du Rhin :
« N’existe-t-il pas déjà assez de causes qui éloignent les étrangers de nos fron-ce lières? Toutes les branches de notre administration sont encombrées de for-ce malités. Il faudrait une étude assidue pour les toutes connaître. Sur l’extrême« frontière, et particulièrement sur le Rhin, celles de la police ont de graves« inconvénients, et n’ont pour la plupart aucun avantage.
« Les diligences d’eau sont, comme on sait, exposées par la nature du fleuve,« la saison, l’heure, le vent, etc., à s’arrêter dans leur voyage, tantôt plus haut,« tantôt plus bas. Lorsqu’elles furent rétablies à la paix, elles s’arrêtèrent« d’abord, comme anciennement, dans les villes et villages de la rive gauche,« ordinairement plus grands ou mieux situés. Mais les gendarmes exigeant de« tous les passagers, non-seulement des passe-ports ordinaires, mais encore« des passe-ports suffisants pour entrer dans l’intérieur de la France, il en est« résulté que les passagers étrangers, sujets de puissances chez lesquelles on