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Tome I.
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DEUXIÈME PARTIE. — CHAPITRE XVI.

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Vous voyez que les moyens les plus expéditifs s’appliquent aux entre-prises commerciales, de même que nous en avons vus s’appliquer auxentreprises manufacturières.

Dans cette industrie comme dans les autres, l’économie introduite dansles frais de production procure, à ceux qui savent y avoir recours, despréférences qui sont pour une nation des sources de richesses. C’est lesecret de la prépondérance que les Hollandais, comme navigateurs, onteue pendant deux siècles. Ils naviguaient à meilleur compte qu’aucuneautre nation. Gomment y réussissaient-ils? Parce qu’ils avaient besoin d’unéquipage moins nombreux. Et par quelles raisons pouvaient-ils manœu-vrer leurs bâtiments avec un petit nombre d’hommes? Parce que leursmanœuvres étaient légères, et particulièrement leurs câbles. Or, leurscâbles étaient légers, parce que les Hollandais n’achetaient jamais que duchanvre de bonne qualité cl le travaillaient avec soin. Ils pouvaient doncse contenter d’un moindre bénéfice lorsqu’ils transportaient des marchan-dises pour leur compte, et d’un moindre fret lorsqu’ils iranspotrldifllt pourcompte d’autrui. Ces moindres frais de production leur ont valu longtempsla préférence dans les divers marchés du globe, et c’est ainsi que des cordesbien faites sont en partie la cause de l’opulence oùcette nation était montée.

D’autres perfectionnements leur suscitent à présent des concurrentsredoutables. On substitue presque partout des chaînes aux câbles princi-paux, ceux des ancres. Ces chaînes se manœuvrent aisément, tiennentpeu de place, et durent éternellement. On remplace les barriques d’eaupar des caisses de tôle qui tiennent beaucoup moins déplacé et durent pluslongtemps. Les transports maritimes deviendront moins dispendieux parces perfectionnements ; mais je crains que la marine marchande de laFrance ne soit la dernière à en profiter. Le travail du fer n’est pas si éco-nomique chez nous que chez d’autres nations, et les droits énormes établissur les fers étrangers empêchent nos armateurs d’acheter ceux qu’onserait fort empressé de leur vendre. Pour être favorable à une classed’industrieux, aux maîtres de forges, on rend des lois nuisibles au com-merce tout entier du pays ; c’est l’effet ordinaire de tous les monopoles.