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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE.

DES ÉCHANGES ET DES MONNAIES.

PREMIÈRE DIVISION.

DES ÉCHANGES.

CHAPITRE PREMIER.

De la nature et de l’efïet des échanges.

Jusqu’à présent, nous avons regardé la valeur courante de chaque objetcomme une quantité fixe , sans nous occuper des lois qui président à safixation. Nous n’avions pas besoin de les connaître pour comprendre lemécanisme de la production. Il nous suffisait de savoir que la valeur cou-rante, ou (quand elle est exprimée en argent) le prix courant d’une chose,était ce qu’il s’agissait de produire.

Nous savions, à la vérité, que l’utilité donnée à une chose est le fonde-ment de son prix ; mais nous ne savions pas pourquoi son prix s’arrête àun taux plutôt qu’à un autre. C’est maintenant ce qu’il s’agit de déterminer.Pour y parvenir, nous devons commencer par nous faire une juste idéede la nature des échanges, et, pour cet effet, nous retracer quelques prin-cipes esquissés au commencement de ce Cours.

Chaque personne ne peut pas créer la totalité des produits que ses be-soins lui font désirer de consommer. Elle le pourrait à la rigueur, si ellepossédait tous les éléments de la production : les talents, la force, les terres,les capitaux ; mais elle le ferait avec tant de désavantage, la quantité deschoses produites serait si médiocre, proportionnellement aux moyensemployés, que chaque personne ne recueillerait probablement pas de sessoins de quoi subvenir aux besoins les plus pressants de sa famille : dumoins à ce qu’on regarde comme tel chez les peuples civilisés. En effet,si je donne mes soins à la production des aliments qui me sont nécessaires,je négligerai la production des étoffes qui doivent me vêtir. Et dans cesétoffes mêmes, combien ne serais-je pas mal pourvu, si, tandis que je tisseet foule le drap de mes habits, je néglige la fabrication du linge de corps