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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE I".

et de ménage, des bas et des bonnets, etc. ? si je néglige le commerce quiseul peut me procurer la teinture de mes étoffes, les épiceries qui doiventassaisonner mes aliments, etc. ?

Non-seulement il faudrait avoir passé plus d’une vie pour apprendreles différentes professions de la société; mais il faudrait, pendant quej’exercerais un art, que je laissasse oisifs les talents que je posséderais pourun autre ; il faudrait que je laissasse inoccupés les capitaux que j’auraisappliqués à d’autres productions; mon moulin à fouler les draps, monmétier à tricoter des bas et des bonnets, demeureraient vacants lorsqueje serais suffisamment pourvu de ces vêtements. On conçoit aisément com-bien la quantité de choses produites serait disproportionnée avec lesmoyens de production ; ou plutôt on conçoit l’impossibilité où Ton seraitde posséder des moyens de production assez vastes pour se procurer lamultitude de choses qui satisfont les besoins des familles les plus modestes,dans la vie sociale et civilisée.

C’est de là qu’est venue la séparation des métiers dont nous avons déjàapprécié l’influence sur la production. Chaque personne ne s’occupe qued’un seul produit, ou même ne s’occupe que de la fabrication d’une seulepartie d’un seul produit, comme le teinturier qui ne fait autre chose quemodifier la couleur d’une étoffe, le fondeur de caractères qui ne fabriqueautre chose que les caractères mobiles dont se sert l’imprimeur, et unefoule d’autres producteurs, qui ne font pas un produit complet, et qui nesauraient faire usage même de la plus petite partie du produit dont ilss’occupent, parce qu’il sert à une autre profession que la leur.

Il faut donc qu’ils se débarrassent par l’échange de la totalité des chosesqu’ils font pour obtenir les choses dont ils ont besoin. Et même, celui quiproduit une chose qu’il peut consommer, comme le fermier qui récolte dublé, ne peut la consommer qu’en partie, et, pour se procurer des meublesou des vêtements, il faut qu’il obtienne par des échanges ces divers objetsde consommation.

Cela nous explique le grand rôle que jouent les échanges dans l’écono-mie de la société. Par la facilité des échanges, chacun peut pousser aussiloin que le permettent ses moyens de production la fabrication d’uneseule espèce de produit ; et il acquiert, avec ce produit, tout ce qui estnécessaire au soutien de sa famille. La monnaie (dont nous examineronsbientôt plus particulièrement la nature et les fonctions) ne sert, dans leséchanges, que comme un instrument. Elle n’est pas le but de l’échange ;elle n’en elle que le moyen. Lorsqu’on vend son blé ou son vin, ce n’est pas

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