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Tome I.
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DU PRIX COURANT.

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chaque homme, sur le revenu dont il dispose, et quelle qu’en soit la source,fait telle dépense préférablement à telle autre ; et lorsqu’il est arrivé ainsiaux bornes de ses moyens, quels qu’ils soient, il s’arrête et ne dépenserien au delà, par une bonne raison : c’est qu’il ne peut pas dépenser da-vantage. S’il dépense plus qu’il n’a, c’est le bien d’tm autre qu’il dépense,et cet autre dépense d’autant moins. La conséquence est forcée.

C’est cette préférence accordée à certains produits, à commencer engénéral par les plus indispensables au soutien de la vie, dont se forme lademande générale de tel ou tel produit. Mais celle demande est modifiéepar les frais de production qu’exige la création du produit. Quand le pro-duit est cher, c’est-à-dire, lorsqu’il ne peut avoir lieu sans beaucoup defrais de production, la demande qu’on en fait est moindre. Cela doit êtrenécessairement ainsi ; autrement, le produit dont il est question absor-berait une portion du revenu du consommateur plus considérable quecelle qu’il peut y consacrer.

Que l’on suppose, par exemple, un ménage d’ouvriers qui, en raison deses gains, et après avoir satisfait aux besoins qu’il regarde comme plusindispensables, peut consacrer 30 sous par semaine à acheter de la viande ;si la viande est à 10 sous la livre, ce ménage sera demandeur de trôislivres de viande par semaine; si la viande coûte 15 sous, il n'en deman-dera plus que deux livres.

C’est pour cette raison que, lorsque les moyens de production viennent àse perfectionner, et que les produits baissent de prix, leur consommationdevient tout de suite plus considérable.

Les fortunes des particuliers, en tout pays, s’élèvent par des degrés in-sensibles, depuis les plus petites jusqu’à la plus grande. Elles sont d’autantplus nombreuses qu’elles sont moindres, et deviennent d’aqtant plus raresqu’elles sont plus grandes. De sorte que l’on pourrait les comparer à cettemultitude de lignes verticales qui remplissent une pyramide. Si l’on re-présente, par uue ligne horizontale tracée plus ou moins haut, la hauteurdes frais de production d’un produit quelconque, le nombre des lignes

ne rencontre ces nids que dans certaines cavernes situées au bord de la mer, etils sont assez difficiles à recueillir. Si quelqu’un faisait les frais d’en acheter auxîles de la Sonde, et de les apporter en Europe, il n’en trouverait probablementpas un prix suffisant gour l’indemniser de ses frais. C’est un produit dont la va-leur paie les frais de production en Asie, et ne les paierait pas en Europe. Legoût des consommateurs interdit chez nous ce genre de production.