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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE IV.

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que demandera le public et par conséquent la quantité qu’on en pourraproduire avec profit.

C’est ce qu’un peu de développement va vous rendre sensible.

Les besoins que nous éprouvons nous font désirer d’obtenir, de pos-der les choses qui sont capables de les satisfaire. Quand ces choses sontdes richesses naturelles (de ces biens que la nature nouà distribue gratui-tement et sans mesure, comme l’air et l’eau), nous en prenons tout au-tant qu’il nous en faut ; mais quand ce sont des choses qu’il faut produire,quand ce sont des produits , nous sommes obligés, soit de les créer nous-mêmes par les moyens ordinaires de production, soit de les acquérir encréant, par les mêmes moyens, d’autres produits que nous donnons enéchange. Dans les deux cas, nous les obtenons, soit directement, soit in-directement, par nos moyens de production. Ces moyens, vous le savez,sont notre industrie, nos capitaux et nos fonds de terre. Comme ils ontdes bornes, nos moyens d’acquérir en ont aussi ; et c’est là ce qui metdes limites à la demande que nous formons des produits.

Les hommes, en conséquence, en leur qualité de consommateurs, fontune sorte de classement de leurs besoins, selon le degré d’importancequ’ils attachent à la satisfaction de chacun de ces besoins. J’ai déjà eu oc-casion de vous faire voir qu’ils en ont, non-seulement en raison de leur na-ture physique, tels que le besoin de nourriture, de vêlement ; mais aussien raison de leur éducation, de leurs habitudes, des usages du pays où ilsvivent, de leur vanité, de leurs préjugés, de leurs vices même. Le com-bustible est de première nécessité dans les climats du nord. En Angleterre,un habit de drap est regardé comme un produit dont un homme ne sau-rait se passer dans aucune profession, tandis qu’ailleurs on s’en passe danscertaines classes de la société, qui ne s’en estiment pas moins pour cela.

C’est une considération morale de la plus haute importance qu’un clas-sement judicieux de nos besoins; mais ce n’est pas ce qui doit nous occuperici. Nous ne considérons encore ce classement que comme une chose defait et d’observation. 11 est de fait que Ton satisfait généralement certainsbesoins préférablement à d’autres; et Ton accorde en général celte pré-férence, non d’après un plan arrêté d’avance, mais pour obéir aux habi-tudes prises ou à l’impulsion du moment 1 . Toujours est-il constant que

1 Les Orientaux regardent comme un mets fort délicat le nid d’une espèced’hirondelle particulière aux îles de la Sonde, et que Ton nomme salangane. On