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Tome I.
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DU PRIX ORIGINAIRE DES PRODUITS.

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, seule, je n’en paie pas moins d’intérêts au prêteur qui me fournit des fonds.

I Si je parviens à faire exécuter dans une seule journée d’ouvrier ce quiauparavant en exigeait deux, mon ouvrier, en vertu de celte économie,ne vend pas moins ses journées ; ce n’est pas à dire non plus qu’il travailleun jour et se croise les bras le jour suivant. Qu’en arrive-t-il donc ? queje lui paie tout autant dejournées, que je les paie aussi cher, et que j’ai unproduit une fois plus abondant.

Quand un producteur est parvenu à créer un produit avec moins deI, frais, aussi longtemps qu’il lient son procédé secret, c’est lui qui jouit de

| l’avantage qui en résulte et qui ne coûte rien à personne. Mais du moment

| que ses procédés sont divulgués, et que la concurrence contraint les pro-j. ducteurs à vendre le produit au prix que coûtent ses frais de production,le même avantage est acquis, mais c’est le consommateur, c’est le public,qui en profile. Dès lors, toutes les fortunes deviennent plus considérablespar rapport à ce produit en particulier; elles peuvent en acquérir davan-tage, ou, si le possesseur d’une fortune quelconque ne juge pas à proposd’acquérir davantage d’un certain produit, par la raison qu’il a baissé,comme il est obligé à une moindre dépense pour l’acquérir, il lui rested’autant plus d’argent pour en acquérir d’autres ; c’est ce qui me fait direqu’il est plus riche.

Et, ce qui est digne de remarque, c’est que le prix originaire, on lesfrais de production, et le prix courant qui suit ordinairement ses varia-tions, peuvent baisser pour tous les produits à la fois.

Alors, les fortunes des consommateurs, qui étaient d’abord plus consi-dérables par rapport seulement à certains produits qui avaient baissé,deviennent plus considérables par rapport à tous les produits, c’est-à-direqu’elles deviennent plus considérables dans un sens absolu.

C’est une remarque que j’ai consignée ailleurs. Quand, par l’effet de l’in-vention du métier à tricoter, les bas tombèrent à la moitié, pour le moins,? de leur ancien prix, chaque personne put, sans faire pour sa chaussure

F/ une plus forte dépense, être pourvue d’une double quàntité de paires de

| bas, ou bien elle put porter des bas une fois plus beaux ; mais cette aug-I mentalion dans ses moyens de consommation ne l’obligea point à dimi-| nuer ses autres dépenses. Elle put se procurer toujours la même quantitéi, de toutes les choses qu’elle achetait auparavant, et dont le prix était restéle même.

i Après avoirbaissé pour les bas, les frais de production baissèrent pourle sucre. Nouvel avantage qui n’altéra en rien celui dont on jouissait déjà