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Tome I.
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TROISIÈME PARTIE: — CHAPITRE V.

ceux d’aujourd’hui, ce prix originaire n’esl pas fixé une fois pour toutes,mais il varie à mesure que les frais de production varient.

La même chose arrive dans tous les genres de production, mais dansdes proportions fort diverses ; il en résulte de grandes variations dans lavaleur réciproque des produits. Les uns haussent ou baissent beaucoupplus que les autres ; mais je vous prie de remarquer que les variations deleur prix originaire (qui entraînent, de la manière que nous avons vu, desvariations dans leur prix courant) sont, pour chaque produit, indépen-dantes des variations qui surviennent dans les autres produits. Les étoffesde coton peuventbaisser de prix sans que les sucres baissent, et les sucrespeuvent baisser autant, ou plus, ou moins que les étoffes de colon. Ceseffets sont dus aux circonstances particulières à chaque production, et nonaux variations qui se manifestent dans les autres, en sorte que rien n’estplus faux que cet adage : quand, tout est cher, rien n'est cher; tout peut ren-chérir à la fois, et tout peut, de même, baisser en même temps, puisqueles frais de production pourraient, à la rigueur, hausser ou baisser pourtous les produits.

Indépendamment des variations qui se manifestent dans les prix cou-rants, en vertu de l’influence des frais de production, les prix éprouventdes variations postérieurement à leur production. Le possesseur dont leproduit a baissé, fait alors une perle et le consommateur du même pro-duit fait un gain équivalent. Mais quand le produit baisse par l’effet d’unediminution dans les frais de production, le consommateur du même pro-duit fait un gain pareil, et ce gain n’est une perte pour personne.

En effet, dans l’échange appelé production, le marché se conclut avecun contractant imaginaire qui n’est autre que la nature des choses ; et lors-que nous obtenons de ce contractant imaginaire ce que nous pouvonsnommer un rabais , il s’ensuit que la personne qui a obtenu ce rabais(c’est-à-dire, le producteur, ou celui qui tient la chose du producteur) peutdonner la chose à meilleur marché sans y perdre.

Que si Ton persistait à croire que le gain du consommateur entraînenécessairement une perte pour l’un des producteurs, je serais obligé derenvoyer celui qui insisterait ainsi aux procédés de la production, où ilverrait que si nous épargnons une partie des services productifs qu’onnous vend, nous ne les réduisons pas pour cela à l’inaction. Si j’occupemoins de terrain pour obtenir un certain produit, l’espace que je n’occupepas peut être loué à une autre personne. Si je fais deux opérations com-merciales avec le même capital dans une année, au lieu d’en faire une