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Tome I.
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DU PRIX ORIGINAIRE DES PRODUITS.

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ciété. Si un particulier se trouve plus riche d’une hausse de prix, les con-sommateurs du produit qui a renchéri se trouvent plus pauvres de toutela valeur de ce renchérissement; il n’y a point là d’augmentation de ri-chesse, de nouveaux moyens d’existence {tour la nation. Elle ne subsisteque des produits dont elle fait l’acquisition à leur prix d’origine.

Or, avec quoi fait-elle cette acquisition? avec ses services productifsqui émanent, vous le savez, de ses fonds productifs, c’est-à-dire de sonindustrie *, de ses capitaux et de ses terres. Ce sont là proprement nosfortunes, puisque c’est l’unique source de tous nos revenus * 2 3 * . Or, nos for-tunes sont d’autant plus considérables qu’elles peuveul acquérir plus dechoses, et nos fonds productifs, qui composent nos fortunes, peuvent ac-quérir d’autant plus de choses, que les produits sont à meilleur marché.

Soit que nous acquérions les^produits directement en les créant nous-mêmes, soit que nous les acquérions indirectement par un échange, l’effetest pareil. Si nous produisons nous-mêmes, nous obtenons, par la mêmequantité de services, plus de produits. Si c’est par l’échange, nous obte-nons plus de produits également, par la même quantité de services ; caren échangeant deux produits, on ne fait, en réalité, qu’échanger les ser-vices productifs dont ces produits sont le fruit; et l’on n’est jamais tenude donner en échange d’une chose plus de services productifs qu’elle n’ena coûté 5 .

Une preuve que cet effet est réel et ne consiste pas, comme les démon-strations de la scholastique, dans un simple appareil de mots, c’est qu’ilpeut être également bien représenté en termes différents, mais moins ri-goureux, parce qu’ils sont moins scientifiques. On peut dire que les fraisreprésentent toujours un sacrifice, et l’utilité une jouissance; or, c’est un

‘ Il n’est personne qui puisse être étonné que je mette les talents, l’expérience,la simple force corporelle, au rang de nos fonds productifs, et que je les regardecomme faisant partie de nos fortunes. Un homme qui possède des talents, touteschoses égales d’ailleurs, est plus riche qu’un homme qui en est dépourvu; unhomme qui jouit de toutes ses facultés physiques et morales est plus riche qu’unimpotent.

« Travaillez, prenez de la peine;

« C'esl le fonds qui manque le moins. »

Ua Fontaine.

2 Voyez le tableau synoptique, page 112.

3 Pour en avoir la démonstration, reportez-vous au chapitre précédent.

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