TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE V.
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avantage pour l’homme que de multiplier ses jouissances et de diminuerles sacritices au prix desquels il les obtient.
Après avoir reconnu en quoi consiste proprement ce qui constitue larichesse publique, il est consolant de penser que, chez la plupart despeuples, malgré les temps de station et de rétrogradation, elle a, au total,constamment fait des progrès. Relativement aux produits matériels, si lesravages de la guerre ont détruit beaucoup de capitaux, ont laissé beau-coup de terrains incultes, les connaissances industrielles ayant peu dé-cliné, du moment que les temps sont devenus un peu plus favorables, descapitaux ont été amassés de nouveau, et l’on s’est peu à peu perfectionnédans l’art de les faire valoir, de même que les terres.
Il ne paraît pas que les arts des anciens, sauf dans quelques exemplesfort rares, aient été perdus dans les époques de barbarie qui leur ont suc-cédé. Dans tous les temps on put se procurer en France a peu près toutesles marchandises que les Romains y avaient introduites au temps de leurdomination. Nous avons dans nos cabinets des ouvrages d’orfèvrerie duhuitième et du dixième siècle ; nous trouvons dans les tombeaux des frag-ments d’étoffes de presque toutes les époques, et qui n’annoncent pas desproduits fort inférieurs, si ce n’est pour le bon goût, aux produits de l’anti-quité. Ils étaient chers, parce que l’industrie n’était pas perfectionnée ;mais ils ne l’étaient pas moins à aucune époque antérieure. Aussi, à Tuneet à l’autre époque, n’étaient-ils qu’à l’usage des gens riches.
Il y a donc eu peu d’arts perdus; en même temps, à toutes les époqueson en a découvert de nouveaux , et des procédés anciens ont été perfec-tionnés; mais c’est surtout depuis la mémorable époque du quinzièmesiècle, et notamment depuis une cinquantaine d’années, que les progrèsont été remarquables, grâce à de meilleures méthodes introduites dans lessciences. Tout atteste que les richesses publiques, qui n’ont d’autres fon-dements que les richesses particulières, ont pris un grand essor. L’accrois- jsement de presque toutes les villes, et de la population des campagnes, ;malgré la grossièreté qui s’y manifeste encore dans certaines parties ; les >grands établissements publics et particuliers, les roules, les ports, les ar-mées comparées avec les troupes que Ton pouvait entretenir auparavant,serviraient à le prouver ; mais ce n’a pas été heureusement le seul emploiqu’on ait fait des richesses. Elles ont concouru à l’amélioration du sort jdes familles. On est mieux logé, mieux nourri, mieux vêtu qu’on ne l’aété dans aucun temps ; on a plus de meubles, et ils sont d’un service plus