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TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE VI.
Après la valeur, la qualité que l’on cherche dans la monnaie, c’est qu’ellepuisse se diviser en fractions, jusqu’à pouvoir se proportionner exacte-ment à la valeur de la chose, ou des choses que l’on se propose de vendreou d’acheter, et sans que celte division ou la réunion que l’on voudraitfaire de ses fragments nuise à la valeur d’une telle quantité de monnaie.Celte divisibilité dans l’intermédiaire des échanges paraîtra indispensable,si l’on considère que le produit que l’on veut donner en échange n’a presquejamais la même valeur que le produit que l’on veut recevoir. Si je suismarchand de chapeaux, et que je veuille acheter, au marché, un pouletqui ne vaut que la dixième partie d’un de mes chapeaux, je ne saurais,sans détruire toute la valeur d’un chapeau, en couper un morceau pour ledonner en échange d’un poulet . Il me convient donc de chercher une mar-chandise égale en valeur à la valeur d’un chapeau, et d’en détacher, sicela me convient, la valeur d’un poulet. S’il existe une telle marchandise,c’est elle que je chercherai à me procurer.
Voilà donc quelles sont les qualités propres à un intermédiaire deséchanges : une valeur aussi peu variable qu’il est possible, et une faciledivisibilité, sans qu’il en résulte une altération dans sa valeur. Lorsqu’àces qualités essentielles des monnaies une marchandise en joint d’autres,comme d’être facilement transportable ; lorsqu’on peut aisément constaterla quantité qu’on en donne ou qu’on en reçoit; alors, on est assuré que lamarchandise-monnaie conviendra à toutes les personnes qui auront desproduits à vendre, et que je pourrai, par conséquent, en offrant de lamonnaie, acquérir toutes les choses dont je voudrai me pourvoir, pourvuque j’en offre une quantité qui égale en valeur les choses que je désireacheter. La monnaie convient à tout le monde, parce qu’il n’est personnequi ne soit dans le cas d’acheter. Si je fabrique des étoffes de soie ou desmeubles recherchés, mes produits ne conviendront pas à tout le monde ;tout le monde n’a pas même besoin constamment de choses fort néces-saires, comme de blé ; mais personne ne peut rester longtemps sans avoirquelque achat à faire pour ses besoins ou ses plaisirs ; personne, en con-séquence, ne peut se dispenser de changer les valeurs qu’il possède contreune marchandise également propre à tous les achats, parce qu’elle convientà tous les vendeurs, parce qu’il n’est aucun vendeur qui, de son côté,n’ait quelque emplette à faire.
De cette nécessité, qui est universelle chez toute nation industrieuse,naît la convention tacite de se servir d’un intermédiaire propre à cet usage;et quand la monnaie fabriquée par le gouvernement n’est pas trop mau-