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Tome I.
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DU FONDEMENT UE LA VAL EU U DES MONNAIES.

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Telle est lu valeur de l’argent monnayé en France. Or, avec celte va-leur, qui est eu grande partie déterminée par la nature des choses, il fautà la France, pour subvenir à ses échanges, une quantité de numérairedéterminée aussi, mais très imparfaitement connue. La quantité des piècesqui ont été fabriquées sous un certain type ne nous fournit qu’un rensei-gnement insuffisant. On sait à la vérité quelle quantité de pièces ont étéfabriquées sous l’ancien régime, du temps de la république et sous Napo-léon ; mais on ne sait point quelle quantité de ces pièces ont été fondueset exportées. On ne sait point quelle quantité de pièces circule encoreprovenant des anciennes fabrications. Les pièces de cuivre, qui font unepartie de nos ventes et de nos achats, et remplacent les pièces d’argent,forment une portion inconnue de nos monnaies. Il y en a de toutes lesépoques, et j’ai trouvé dans nos provinces de ces pièces de cuivre qui cir-culent depuis le temps où nous étions sous la domination des empereursromains. Elles passent pour un liard, deux liards, un sou, deux sous,avec l’elfigie de ces maîtres du monde.

Les pièces d’or et d’argent du môme temps ont passé soit dans le creusetdu fondeur, lorsqu’on ne connaissait pas la valeur que leur donne leur anti-quité, soit dans lescabinels de médailles, lorsqu’on a su apprécier ce mérite.

Enfin, ce cjui rend plus difficile encore de connaître la somme des mon-naies en circiulation, ce sont les nombreux suppléments à la monnaie donton fait usage, tels que les billets de banque, les papiers-monnaie ayant uncours forcé, les lettres de change, les virements de parties, ou compensa-tions de dettes par les créances, toutes choses dont je vous entretiendraien leur lieu.

Heureusement que l’évaluation de la somme des monnaies de tel ou telpays, tout en flattant la curiosité, n’a presque point d’utilité pratique. Cequ’il y a d’utile, c’est de savoir ce qui constitue une bonne ou une mau-vaise monnaie, c’est de connaître de combien sa valeur est au-dessus ouau-dessous du lingot ; car c’est seulement de la différence de valeur cou-rante qui se trouve entre le métal en lingots et le métal frappé en pièces,que peut naître la perte ou le gain habituels que l’on fait sur la fabricationdes monnaies ; or, la connaissance de la quantité effective des espèces etde la quantité que réclament les besoins de la circulation n’est pas né-cessaire pour savoir quelle est celle disparité de prix; il suffit de savoirquel est le prix du lingot payable en argent monnayé.

M. Necker, en 1784, croyait que le numéraire de France s’élevait à2 milliards 200 millions de livres tournois. Il se fondait sur la quantité de