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TROISIÈME PARTIE- — CHAPITRE YI1I.
pièces fabriquées depuis la refoule générale de 1726, sur quoi il faisaitnue déduction de 3 à 400 millions. Je crois qu’il ne portait pas cette dé-duction assez loin ; car la fonte cl l'exportation ont été assez grandes dansplusieurs circonstances ; mais je ne veux pas m’engager dans une contro-verse à cet égard ; et quoique la valeur de l’argent ail sensiblement déclinédepuis 1784, quoique le nombre des transactions, la richesse générale, etpar conséquent les besoins se soient accrus depuis la même époque, jene serais pas éloigné de penser que 2 milliards de francs, valeur actuelle,ne fussent suffisants pour les besoins que la France a maintenant de cetinstrument des échanges'.
De toutes manières celte donnée statistique ne peut rien ajouter ni ôterà la solidité des principes. Mais admettons qu’il faille à la France, dansl’étal actuel de ses richesses cl de son commerce, un instrument de circu-lation valant 2 milliards de francs; cela fait 10 millions de kilogrammesd’argent au litre actuel. Or, d’après les raisons que je viens d’exposer, i)n’est pas possible de consacrer beaucoup plus, ou beaucoup moins, decelle quantité de métal, aux monnaies françaises. Si l’on en fabrique tousles jours, ces nouvelles pièces en remplacent de vieilles que l’on retire dela circulation, ou bien des neuves qui s’exportent, ou bien encore il estpossible que, la masse de la population et dcsriehessesallanlen croissant,le besoin qu’on éprouve de l’agent général des échanges augmente dans
1 Le besoin do monnaie n’augmente pas dans la même proportion que la ri-chesse nationale. Sans doute, là où il y a plus de biens à échanger et d’activité,les échanges sont plus m iés, et il faut une plus grande quantité de l'instru-ment des échanges; mais aussi l’activité et l’industrie font qu’on emploie l'ins-trument plus à profit. La meme somme de numéraire sert à Paris à dix échangessuccessifs, tandis qu’au fond d’une province, une somme pareille est à peineemployée une fois; le marchand qui vient de vendre, reste longtemps sans pou-voir racheter les objets sur lesquels roule son industrie; pendant ce temps leproduit de la vente demeure oisif entre ses mains. Les placements sont difficiles;on garde longtemps l’argent qu’on veut faire fructifier. Enfin dans les pays in-dustrieux et riches, on supplée au numéraire par le crédit, et surtout par l’emploides effets de commerce, des billets de confiance, et des autres signes représen-tatifs de la monnaie.
Les besoins d’argent-monnaie ne s’augmentent donc jamais dans la même pro-portion que les besoins qu’on a des autres produits, et l’on peut dire avec vérité que,proportion gardée, plus un pays est riche comparé à un autre, et moins il a d'argent.