Band 
Tome I.
Seite
414
JPEG-Download
 

TROISIÈME PARTIE.

CHAPITRE XII.

m

CHAPITRE XII.

Du bénéfice qu’il est possible de faire sur la fabrication des monnaies.

Plusieurs auteurs ont discuté la question de savoir s’il convient que legouvernement convertisse gratuitement en monnaie les lingots qu’on luiapporte, ainsi qu’on le pratique en Angleterre et en Russie; ou bien sefasse payer la façon des monnaies et même un profit supérieur à ses frais,qu’on a nommé autrefois droit de scigneuriage.

Celle question me paraît avoir été toujours mal posée. Le gouvernementne peut ni se faire rembourser de ses frais de fabrication, ni percevoir unprofit supérieur à ses frais, en vertu d’une loi ou cl’une ordonnance ; maisil peut, en vertu du privilège exclusif qu’il s’est justement réservé de frapperdes monnaies, rendre celte marchandise plus ou moins rare. Alors, il s’éta-blit une différence de valeur plus ou moins considérable entre la valeurde la matière que le gouvernement emploie (l’argent) et le produit fabri-qué; entre un kilogramme de métal en lingot, et un kilogramme en écus,ou 40 pièces de 5 francs (200 francs). Le gouvernement achète pour 197ou 198 francs cette quantité de métal qu’il revend sur le pied de 200 fr.Cette différence est l'unique source du profil que peutfairele gouvernement.

Quoi! dira-t-on, le gouvernement ne peut-il pas prélever un droit dedix pour cent sur l’argent que l’on porte à l’hôtel des monnaies pour êtrefrappé en écus? Sans doute ; mais on ne lui portera de l’argent à frapperen monnaie qu’autant que l’argent monnayé vaudra dix pour cent de va-leur de plus que l’argent en lingot. Or, il n’y aura un tel excédant de valeurdans la monnaie qu’autant que les besoins de la circulation auront établicette valeur, et ce cas n’arrivera pas en vertu d’une loi ni d’une ordon-nance , mais en vertu de l’état du marché et de la valeur relative de la mar-chandise monnaie et de la marchandise métal. Si pour un kilogrammed’argent monnayé on obtient un dixième de blé au-delà de ce qu’on ob-tient au moyen d’un kilogramme d’argent en lingot, alors seulement ilpeut convenir au particulier de convertir des lingots en monnaie ; et quandce cas arrive, il convient de même à l’administration d’acheter des lingotspour faire de la monnaie.

La question ne consiste donc pas à savoir s’il convient d’établir un droitde fabrication ou de seigueuriage, mais jusqu’à quel point il convient de