Band 
Tome I.
Seite
416
JPEG-Download
 

TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE XII.

TI 6

une livre d’or, 44 guinées et demie ; mais les pièces de monnaie qui étaientalors dans la circulation n’étaient pas neuves, et de ces vieilles guinées ilfallait plus de 44 et demie pour faire une livre d’or. Un lingot d’une livrevalait sur le marché au-delà de 45 de ces vieilles guinées'. Conséquem-ment, en fondant 44 guinées et demie neuves, on les transformait en ubevaleur de 45 guinées. Aussi, notre auteur compare-t-il la monnaie d’An-gleterre, à cette époque, à la toile de Pénélope, où la nuit voyait dispa-raître l’ouvrage du jour.

Enfin, une considération importante, c’est que dans un pays où il y ade nombreux suppléments à la monnaie, tels que les billets de banque, cen’est pas seulement la multiplication des pièces qui jette dans la circulationune quantité de l’instrument des échanges assez considérable pour en fairebaisser la valeur au-dessous d’un lingot du même poids que les pièces.

Telle est, je crois, la cause de la crise qui a tourmenté l’Angleterre en1825 et 1826. Un goût désordonné pour les entreprises de commerce aentraîné un grand nombre de spéculateurs à étendre leurs affaires au-delàde la portée de leurs capitaux. Us ne l’ont pu qu’à la faveur des banques,qui sont très multipliées ; car, outre la banque d’Angleterre, qui est àLondres, il y en a d’autres dans toutes les provinces qui mettent en circu-lation des billets faisant office de monnaie. Ces banques escomptaient leseffets des spéculateurs au moyen de leurs billets au porteur, qu’elles dé-livraient comme argent comptant. La monnaie en a éprouvé quelque avi-lissement, et sa valeur est tombée au point qu’une pièce métallique a valumoins que le lingot. Dès ce moment, on a gagné de réduire les souverains' * 2d’or en lingots. Pour se les procurer, on s’est porté aux banques et onleur a demandé de l’or contre des billets. Voyant leurs billets revenir àmesure qu’elles en émettaient, les banques se sont vues forcées de sus-pendre leurs escomptes, et par conséquent les secours qu’elles offraientaux entrepreneurs qui avaient poussé leurs spéculations au-delà de leurscapitaux, et qui comptaient sur cette ressource pour satisfaire à leurs en-gagements. Us ont fait faillite, ou bien ont eu recours à des ressources rui-neuses.

A ce que j’établis en fait (c’est-à-dire à l’impossibilité où je dis qu’est legouvernement de faire sur les monnaies d’autres profits que ceux des ma-

' La livre d’or valait jusqu’à 48 livres sterling, ce qui fait 45 guinées et 15shillings.

2 Nom de la monnaie qui a remplacé les guinées.