Band 
Tome I.
Seite
417
JPEG-Download
 

I)U BÉNÉFICE SUR LA FABRICATION.

417

nufacluriers exclusifs en général) on opposera peut-être les droits que tireau Mexique et au Pérou le gouvernement sur la fabrication des piastres.Le gouvernement en Amérique ne possède pas une seule mine; il frappeen monnaie tout autant d’argent qu’on lui en porte; cette quantité a jus-qu’ici progressivement augmenté ; et cependant, au dire de M. de Hum-bolt, l’ancien gouvernement espagnol retirait 13 pour cent environ de droitspar-delà ses frais de fabrication L Comment arrivait-il que le métal mon-nayé conservât un si grand excès de valeur sur le lingot?Voici, messieurs,l’explication de ce fait. La seule exportation d’argent permise au Mexiquecl au Pérou était celle des piastres ; la sortie du lingot était prohibée ; or,dès que les entrepreneurs de mines ne pouvaient disposer de leurs pro-duits qu’autanl qu’ils étaient frappés en piastres, ce n’était pas seulementle monnayage, le besoin d’avoir des monnaies pour s’en servir comme demonnaie, que payaient les entrepreneurs de mines : c’était un droit d’ex-traction, un droit de sortie. Et comme le gouvernement craignait de nepouvoir réprimer la fraude, s’il se contentait de recevoir ce droit sur leslingots au moment de l’exportation, il préférait prohiber complètement lasortie des lingots, et percevoir le droit au moment de la fabrication despiastres. Il ne fallait donc regarder le haut prix du monnayage au Mexiqueet au Pérou que comme un droit d’exportation, et avec un droit d’expor-tation pareil, on ne voit pas pourquoi le gouvernement espagnol prohi-bait la sortie des piastres d’Espagne. Plus il en sortait d’Espagne et pluson en demandait au Mexique, plus on percevait de droit. C’était une desmille sottises que l’on pouvait reprocher à ce gouvernement ignorant.

Maintenant que le Mexique et le Pérou sont des États indépendants, ilest probable qu’ils entreront en concurrence pour fournir à l’Europe desmétaux précieux. Les États-Unis, les Européens iront trafiquer de préfé-rence dans celui des deux pays d’où ils pourront extraire les métaux pré-cieux à meilleur compte ; les ports de mer et tous les genres de commu-nication se multiplieront ; la contrebande, devenue plus facile, obligeraceux qui gouverneront à baisser les droits * 3 ; et dans ce cas nous paiero ns

1 Essai politique sur la Nouvelle-Espagne, t. IV, page 144.

3 Les droits que les gouvernements péruvien et mexicain établissent sur lesmétaux précieux sont aussi légitimes que ceux qu’on établit en tout pays surles terres et leurs produits. L’argent n’est-il pas un produit du fonds de terrecomme le blé? Mais je ne crois pas que ce soit un bon moyen de prévenir lafraude, que d’obliger à réduire en monnaie le métal qu’on extrait. Les entre-

27

i.