TROISIÈME PARTIE. - CHAPITRE XIV.
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conclure beaucoup de marchés de biens fonds, comme les notaires, re-marquent qu’il y a peu de changements de propriétaire et de renouvel-ments de bail, sans qu’il y ait augmentation de prix. Les vendeurs d’im-meubles font valoir en faveur de leurs biens que les baux n’ont pas étérenouvelés depuis longtemps; et par conséquent, disent-ils , qu’ils sontsusceptibles d’augmentation.
Je sais qu’une partie de cette augmentation peut être mise sur le comptedes progrès de la culture et des capitaux répandus sur les fonds de terre.Quand on fait produire à la terre sans la laisser reposer et qu’on en tiredes produits plus abondants, meilleurs et plus variés ; quand de nouvellesvaleurs capitales, comme des granges, des bergeries, sont répandues enbonifications sur le sol, je sais que le fermier peut en payer un plus fortloyer ; avec tout cela, il me semble que les terres les moins améliorées selouent plus chèrement que vers le milieu du dix-huitième siècle. On diraque c’est parce que les produits se vendent plus cher .- j’en conviens; etc’est ce qui concourt à prouver que l’argent baisse de valeur depuis cetteépoque. Si la population, l’industrie et la richesse du monde ne s’accrois-saient pas rapidement, la valeur de l’argent déclinerait plus vite encorequ’elle ne fait.
Toutefois, il ne faut pas que nous nous imaginions que l’abondance plusgrande de l’argent, comparée avec le besoin que l’on en a, soit la seulecause de la hausse des prix. Les choses peuvent elles-mêmes, ou plusieursd’entre elles, devenir réellement plus chères ; et alors leur acquisitioncoûterait plus d’argent, quand même la valeur de l’argent n’aurait pas dé-cliné; on les paierait avec du fer, qu’il faudrait donner une plus grandequantité de fer qu’autrefois pour les avoir. On les paierait par le sacrificed'une partie de son temps , qu’il faudrait donner un plus grand nombrede journées de travail pour acquérir ces mêmes choses. A mesure qu’unpays se peuple et se cultive, le bois, la viande, le gibier et les produitsqui résultent de ceux-là, comme le cuir, la laine, les poils et fourrures,les produits qu’on ne peut obtenir qu’en brûlant du bois ou du charbonde bois, renchérissent véritablement, parce que les frais de productionde ces produits-là sont plus considérables.
Représentez-vous un pays encore peu peuplé et où il y a peu d’arts etd'industrie. Les terrains vagues et les forêts y sont fort étendus, et lespropriétaires n’en tirent que peu de loyer. Les animaux s’y multiplient,soit naturellement, soit artificiellement, à moins de frais. Mais, à mesureque l’on défriche, les terres donnent une bien plus grande masse de pro-