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QUATRIEME PARTIE. — CHAPITRE 1«.
talents, d’instruments, et met à contribution, non-seulement les facultés^productives de l’homme, mais encore celles de beaucoup d’animaux, cellesidu sol dans toutes ses localités, de même que toutes les forces gratuites•que nous pouvons emprunter à la nature.
Ajoutons que, dans l’état social, même antérieurement à toutes les lois,il y a un concert de volontés, une protection tacite, mutuelle et nécessairedes hommes entre eux, qui, en leur procurant une sécurité plus parfaite,leur permet de consacrer à la multiplication des produits une plus grandeportion de leur temps, et d’occuper cette portion d’une manière plusavantageuse. Une fois que les lois sont établies, ce qui ne subsistait quepar l'effet des habitudes, de l’usage, prend la consistance des conventionsmutuellement consenties et qui ne peuvent être renversées que par uneconvention nouvelle; mais que ce soient des lois, ou seulement desusages, aussi longtemps qu’ils existent, ce sont des institutions plus oumoins bien entendues, et dont il est utile de signaler l’influence, soit fu-neste, soit favorable.
Je ne vous répéterai point ici, messieurs, ce que je vous ai dit sur ladivision du travail, sur ce prodigieux accroissement d’utilités produites,lorsque chaque homme en particulier, au lieu de cultiver la multitude desarts qui sont nécessaires à son existence et à son bien-être, n’en exercequ’un seul, toujours le même, et souvent même n’exerce qu’une seule desfonctions diverses qui constituent un seul art. Vous devez vous rappelerque ce prodigieux accroissement du pouvoir de l’homme est dû principa-lement à la possibilité de conclure des échanges. Or, les échanges ne sontpraticables que lorsque les hommes sont réunis en sociétés nombreuses.
L'agglomération des hommes n’est pas moins nécessaire pour que lesconnaissances utiles se conservent et s’accroissent. Les observations, l’ex-périence d’un homme se perdraient aisément, s’il n’était entouré de beau-coup d’autres qui peuvent les recueillir et les transmettre à beaucoupd’autres. Ils se suggèrent mutuellement des idées ; une expérience tentéesans succès est l’occasion d’une autre expérience faite par une autre per-sonne, et qui réussit. Enfin, les connaissances nouvelles s’ajoutent auxconnaissances anciennes, et forment un trésor que les années augmententsans cesse et que rien ne peut dissiper que le retour vers la barbarie. Maisle retour universel vers la barbarie devient impossible lorsque la civilisa-tion a gagné une vaste portion du globe ; les connaissances qui se per-draient dans un lieu se conserveraient dans un autre.
Les arts utiles, qui ne sont que l’application des connaissances de