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Tome I.
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INFLUENCE DE LA VIE SOCIALE.

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L'homme à ses besoins, se perfectionnent et se transmettent dans l’état desociété, comme les sciences, par les mêmes moyens. L’homme isolé nesaurait jamais cjue ce que lui aurait appris sa propre expérience. Dans lasociété, chacun profile de l’expérience de tous ; on profile de l’expérienceet même des fautes de tous ceux qui habitaient le monde avant nous. Ona plutôt appris un procédé qu’on ne l’a découvert. Peu d’heures suffisentpour apprendre comment on fait lever le pain ; il a fallu des siècles peut-être pour découvrir le moyen d’opérer celte légère fermentation qui rendplus agréable et plus salubre cet aliment de tous les âges, de tous lesjours et de toutes les fortunes. Mille, cent mille procédés du même genrecirculent et se perpétuent dans une société nombreuse, sans peine et sansperte de temps; les hommes, dégagés du soin de faire des recherches etdes tâtonnements, peuvent dès lors appliquer leurs forces physiques etmorales, soit à la découverte de nouveaux pvoeédés, soit à l’exercice desanciens. La société jouit en même temps de ce qui a été découvert anté-rieurement et de ce qui se pratique actuellement, du passé et du présent.

Il est beaucoup de résultats de l’industrie humaine que des efforts indi-viduels, quelque soutenus qu’on se plaise à les supposer, n’accompliraientjamais, et qui ne peuvent être obtenus que par des efforts simultanés etconcertés. Un homme, ou même une famille seule, n’exécuterait jamaisun navire marchand capable de faire une longue traversée, quelque tempsqu’on lui accordât pour en venir à bout. Quand ce navire serait achevé,le constructeur, en le supposant même aidé de sa famille, ne suffirait paspour le manœuvrer ; et quand même cette famille y réussirait, pour quitraverserait-elle les mers? pour quels consommateurs irait-elle chercherun chargement considérable de denrées étrangères? Nous sommes tou-jours obligés de nous entendre avec les autres hommes pour savoir cequ’ils peuvent désirer de nous et ce que nous pouvons attendre d’eux.

Vous le voyez, messieurs, c’est la vie sociale qui, tout à la fois, nousdonne des besoins et nous procure les moyens de les satisfaire, qui multi-plie nos facultés, qui fait de nous des êtres plus développés, plus com-plets. L’homme qui reste solitaire est plus dépourvu de ressources que laplupart des animaux. Réuni à scs semblables, il acquiert une vaste capa-cité pour produire et pour jouir; il devient un autre être; il change laface de l'univers.

Il a fallu composer des romans comme Robinson Crusoé, pour présenterle tableau'd’un homme se faisant, par lui-même et dans fisoleinent uneexistence tolérable ; encore, les auteurs de ces ingénieuses fictions ont-ils

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