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QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE I 01 '.
élé obligés de supposer que leur héros s’était trouvé jeté dans la solitudemuni de quelques-uns des produits de la vie sociale, d’armes, d’outils, degraines de végétaux, et surtout d’industrie, de cette masse de connais-sances et de pratique des arts, dont le plus maladroit, dans une sociétécivilisée, a su rassembler une certaine provision dès les premières annéesde son existence; provision qu’il augmente chaque jour, qui le suit par-tout, et qu’il sauve avec lui daus ses naufrages. Ce n’est point là l’hommebrut et isolé. Celui-ci, je le répète, est moins bien pourvu, moins richeen moyens de conservation que la plupart des animaux.
L’homme est un peu moins misérable lorsqu’il est arrivé aux premiersdegrés de la vie sociale. Cependant, les hordes sauvages que les naviga-teurs d’Europe ont visitées sur les plages de la Nouvelle-Hollande, quoi-qu’elles aient un langage et qu’elles forment des associations pour lapèche, pour l’attaque et pour la défense, sont néanmoins plongées dansune profonde misère. Sans vêtements, sans logements, sans provisionspour la disette, sans secours dans la vieillesse et les maladies, les hommesy sont perpétuellement aux prises avec tous les maux qui suivent le dé-nuement.
Les sauvages de l’Amérique du Nord, un peu moins sauvages que ceuxde la Nouvelle-Hollande, soûl aussi un peu moins dépourvus. Cependantils le sont encore beaucoup, puisqu’on 1802 , lorsque le gouvernementdes État-Unis fil assembler les chefs des diverses tribus des Creeks, pourleur proposer un plan de civilisation, on fut obligé de porter, dans leurpropre pays, des vivres pour nourrir l’Assemblée.
Entre ces situations de la société et celle où nous sommes, il y a uneinfinité de nuances dans les différents degrés de la civilisation et dans leplusoule moins de richesse des peuples. Les Tarlares sont moins pauvresque les sauvages de l’Amérique du Nord, parce qu’ils sont un peu pluscivilisés. Les Bulgares sont un peu mieux pourvus que les Tarlares deschoses propres à satisfaire les besoins des hommes. Les habitants de laHongrie et de la Bohême sont moins misérables que les Bulgares ; en re-montant ainsi jusqu’aux peuples les plus civilisés de l’Europe, et laissantde côté les anomalies et les exceptions, on trouve que l’homme est d’au-tant plus riche et mieux pourvu, qu’il est plus sociable et plus instruit.La société amène les lumières et l’industrie ; les lumières et l’industriemultiplient et rendent plus exquises les jouissances qui naissent des affec-tions naturelles et celles que nous procurent les arts.
Si j’ai fait marcher de pair le bonheur des nations avec leur aisance, ce