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Tome I.
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INFLUENCE DE LA VIE SOCIALE.

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pays ils révoltent non-seulement Injustice et l’humanité, mais le bon sensle plus vulgaire. A mesure qu’on entend mieux les besoins et les ressourcesde la société, on sent que la durée du corps social ne peut se fonder là-dessus, et tous les législateurs, même les plus indifférents pour la vertu,ont fait de la vertu la base de leur législation.

Ce n’est pas tout. Les arts industriels, seuls moyens par lesquels onpuisse d’une manière constante pourvoir aux besoins d’un peuple civilisé,répandent le goût du travail en lui assurant les récompenses qui lui sontdues; ils font valoir les facultés et les talents personnels, en procurant à lapersonne une indépendance qui la relève à ses propres yeux ; et, surtout,ils exercent une heureuse iufluence sur le caractère moral de l'homme, endonnant une direction utile à son activité, à son inquiétude naturelle.

L’homme a des facultés nombreuses au moral et au physique. Il peutconcevoir et entreprendre; il peut se transporter et transporter avec luides corps, des objets, les diviser, les joindre, les broyer. La nature a mêmeattaché une certaine satisfaction à l’exercice que nous faisons de nos fa-cultés ; avec la faculté d’agir, elle nous en a donné le besoin ; et c’est unsupplice pour l’homme que de ne pouvoir développeras moyens, de nepouvoir faire usage de ses sens, de ses forces, de son esprit; c’est le sup-plice d’un prisonnier que l’on tient enfermé dans un cachot.

Dans l’état ordinaire, dans l’état de liberté, si ce besoin d’agir ne s’exercepas dans un but utile, il s’exerce d’une manière nuisible JL’homme, poussé 'par sa nature à faire quelque chose, s’il ne fait pas dn bien, fait du mal.Observez les enfants, donilcs besoins naissants nous découvrent avec naï-veté les goûts de l’âge mûr que les institutions sociales contraignent plustard. L’enfant brise ses joujoux jusqu’à ce qu’il soit capable de s’en faire;mais aussitôt qu’il peut élever seulement un château de caries, il cesse dedévaster, il produit.

Du moment donc que. par les progrès de l'àge, de l’expérience, de l’in-struction, l’homme devient capable d’exercer utilement ses facultés, ilcesse d’être redoutable aux autres et nuisible à lui-même. Et comme lesjnations sont susceptibles de ce genre de progrès, de même que les indi-r^vidus, un pays, une province, un canton, où le talent de produire, oùl’industrie s’introduit, perdent leurs habitudes de férocité et de destruction Jpour en prendre de plus favorables à l’humanité.

Mais produire est plus difficile que dévaster. 11 ne faut aucun talent pourdétruire : il en faut pour édifier; il faut de la réflexion, une sorte d’ins-truction fondée sur l’observation et sur l’expérience ; il faut acquérir de