INFLUENCE 1)E LA VIE SOCIALE.
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pour faire le commerce de la côte nord-ouest d’Amérique; ils vont trafi-quer jusqu’en Chine, et communiquent ainsi avec les deux continents quiterminent la plus vaste mer du globe.
Nous-mêmes, n’esl-ce pas au moyen de l’industrie que nous nous sommestirés de la barbarie qui avait envahi l’Europe à la suite des peuples du Nord ?L’industrie agricole n’avait jamais été complètement abandonnée ; maiselle était peu productive. Les fonds de terre, distribués par gros lots entreles mains des nobles et des bénéficiers ecclésiastiques, gens peu indus-trieux et peu fournis de capitaux, offraient peu d’améliorations foncières.Les revenus, beaucoup plus bornés pour chaque arpent, n’étaient consi-dérables que par l’étendue des domaines. Ils étaient employés par les pro-priétaires à nourrir une suite nombreuse de gentilhommes, de gens deguerre, de mendiants. Ces clients, libres ou serfs, étaient obligés d’épouserles querelles de leur seigneur, d’obéir à ses caprices et quelquefois deservir ses fureurs. Le paysan, le bourgeois, étaient tour à tour victimesde leurs maîtres et des ennemis de leurs maîtres ; mais lorsqu’une heu-reuse succession de circonstances favorables, telles que les croisades etralîranchissemenl des communes, eurent permis d’abord à peu de per-sonnes, ensuite à un plus grand nombre, d’exercer les arts industriels, dese livrer au commerce et d’amasser des capitaux, alors tout changea. Onput vivre sans se mettre à la solde d’un grand. Les seigneurs eux-mêmesvoulurent jouir des progrès des arts et des raffinements du luxe; et ilsemployèrent à acheter les produits du commerce et des manufactures unepartie, tous les jours plus considérable, de leurs revenus territoriaux ;tellement qu’au lieu d’une suite de plusieurs centaines de guerriers, ilsn’eurent bientôt puisqu’une demi-douzaine de domestiques. Par suite, ilsrépandirent des améliorations sur leurs terres ; ils eurent une table plusdélicatement servie, des ameublements plus élégants et plus frais ; ils cul-tivèrent leur esprit, firent des voyages, devinrent plus civilisés en un mot ;mais ils durent cesser d’être oppresseurs. Quiconque emploie son revenuen produits de l’industrie, augmente ses jouissances, mais perd le pou-voir de dominer sur les autres hommes. On ne se crée point un patronagebien important sur les marchands et sur les manufacturiers dont les pro-duits vous conviennent. Ces produits ont en eux-mêmes le mérite, Futilitéqui les fait rechercher. Leurs auteurs savent que ce qui est refusé par unconsommateur sera acheté par un autre. Ils font des politesses à leurspratiques; mais leurs pratiques ne peuvent guère compter sur des ser-vices plus téels, et encore moins sur un dévouement absolu. Une fois que