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Tome I.
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DE L’INFLUENCE DU DROIT DE PROPRIÉTÉ.

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droit de propriété. Le jurisconsulte établit les règles qui président à latransmission des choses possédées. La science politique nous montre oùil faut chercher les plus sûres garanties de ce droit. Ici, nous regardons lapropriété comme un fait sans examiner comment il s’établit, et nous di-sons que sans la propriété il n’y a point de richesses, puisque les richessessont les choses évaluables qu’on possède ; et que là où il n’y a point depropriétés reconnues, il n’y a point de choses possédées.

Je vous ferai observer que la propriété n’est un fait qu’autant qu’elleest réelle. Une propriété qui serait illusoire n’aurait point les effets d’unepropriété réelle. Elle n’est un fait que lorsqu’elle ne gît pas uniquementdans de vaines déclarations, lorsque les lois qui l’établissent ne sont pasmal faites ou mal exécutées, lorsqu’elles ne sont pas impunément violées ;violées par d’autres lois, ou par les dépositaires même de l’autorité à quil’exécution en est confiée. Dans tous ces cas-là, la propriété, le droit depropriété n’existe pas en réalité , ou du moins n’existe qu’imparfaitement,et par conséquent n’est pas suivi de tous ses effets.

Relativement à la production des richesses, le droit de propriété n’ypeut être favorable qu’autant qu’il attribue la propriété du produit au pro-priétaire des fonds productifs auxquels ce produit doit l’existence. Sivous reconnaissez que je suis propriétaire de mon champ, mais si vous neme reconnaissez pas propriétaire de la récolte qui en sorlira,jenesuispasintéressé à mettre mon champ en valeur. Il en est de môme des autres fondsproductifs. Si les intérêts ou les profits de mon capital ne doivent pasm’appartenir, où sera mon motif pour le faire fructifier? Si je ne suis pasassuré de jouir du produit de mes peines, quelles raisons aurai-je poursortir de mon oisiveté? Tout accroissement de richesse a lieu par une ac-cumulation, ettoute accumulation est illusoire, si l’objet, quel qu’il soit,qu’on a mis en réserve, n’est pas la propriété exclusive de l’accumulateur.

A qui les produits appartiendraient-ils à plus juste titre qu’à leurs pro-ducteurs? Qui a plus de droit sur une chose que le créateur de celte chose?et qui est plus incontestablement créateur d’un produit, que ceux qui l’ontgraduellement amené à l’existence, par les procédés que je vous ai décritsen vous développant les opérations productives?

Ne répétez pas ici cette objection des économistes du XVIII e siècle :L'homme ne crée rien. Il ne crée pas la matière, il est vrai; mais la matièrequi n’a aucune valeur n’est pas une richesse. L’homme aidé de ses ins-truments crée de toutes pièces la valeur, il la crée entièfemcnt; et c’est lavaleur qui fait le produit.