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Tome I.
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DE L’INFLUENCE DU DROIT DE PROPRIÉTÉ.

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pemcnts dont elles sont susceptibles, nous montrent quel est son véritableétal naturel. L’état de nature pour l’homme est celui où il est parvenu àtout le développement dont il est susceptible, à toute sa maturité.

Ici se présente un aperçu sur lequel il n’est pas de mon sujet de m’ar-rêter, puisqu’il porte plutôt sur un point de droit que sur un point de fait;mais je le livre à votre méditation. Si l’état de nature est pour l’hommecelui où il acquiert son plus grand développement; s’il n’atteint ce déve-loppement que dans l’état social; et si l’étal social ne peut subsister qu’a-vec la propriété, le droit de propriété est donc dans la nature ; il dérivedonc de la nature même de l’homme.

Ce n’est que dans des romans politiques que l’on voit la communautédes biens passer dans la législation. Il faut que l’on puisse posséder pourque l’on soit animé du désir A'acquérir. L’àge d’or des poètes, l’utopie deMonts, le tableau des habitants de la Bétique tracé par Fénélon, sont desjeuxde l’imagination faits pour plaire à l’imagination, mais ne constituent,pas une organisation sociale possible. Il faut laisser cela aux romanciers ;et même parmi les romans, les meilleurs sont encore ceux qui présententdes peintures fidèles prises dans la sphère des choses naturelles et vrai-semblables.

On a cité, en faveur de la possibilité de la communauté des biens, unesecte de chrétiens rigoristes qui composent deux ou trois villages en Hol-lande et en Allemagne. Cet exemple ne conclut rien. Les frères moravesforment des espèces de communautés religieuses, protégées par l’ordrepolitique au sein duquel elles se trouvent placées, et qui leur garantit leurspropriétés. Elles savent fort bien les défendre, et n’admettent à y prendrepart que les personnes qui remplissent les conditions qu’on leur impose.On est rejeté de ces associations quand ces conditions ne sont pas rem-plies. Dès lors, elles rentrent dans la législation des obligationsvolontaires;et leur existence consacre même l’existence et le respect de la propriétéparticulière ; car la communauté, dans ses rapports avec les autres hom-mes, agit comme un particulier possédant des biens. Elle vend ses pro-duits, en achète, amasse des capitaux, fait valoir des terres, des maisonset des établissements industriels de plusieurs sortes, dont elle recueilleles fruits, comme faisaient les couvents de moines. Qu’est-ceque tout cela,sinon l’usage et les effets de la propriété?

On a vu des sectes s’élever contre les propriétés exclusives en les repré-sentant comme des privilèges qui donnent à certaines personnes ce qu’elles