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Tome I.
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DE L’INFLUENCE DU DROIT DE PROPRIÉTÉ.

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leur de détruire l’anarchie, ne commença-t-il pas par s’emparer de l’en-treprise et même du mobilier de plusieurs journalistes, et par livrer cesbiens à de nouvelles sociétés qui lui convenaient mieux et dont il réglal’administration et les partages ?

Ce prince détrôné à son tour, le règne d’Aslrée fut annoncé par toutela terre; et le roi de Piémont, à peine rentré dans ses états, intervint dansles affaires des particuliers, annula des ventes faites de plein gré, et auto-risa certains débiteurs à ne pas payer leurs créanciers. Un propriétaire'se vit dépouillé de l’administration de son bien sans jugement, sans en-quête, et par la seule volonté du roi.

Les droits énormes que paient les vins et les eaux-de-vie à leur entréedans Paris avaient rendu nécessaires, aux portes de cette capitale, plusieursentrepôts où les boissons attendaient d’être vendues pour entrer et pourpayer les droits. Mais comme ces entrepôts particuliers opposaient unesalutaire concurrence à celui de l’administration, le gouvernement ne vou-lait pas qu’ils prissent un caractère de stabilité et ne permettait pas qu’ilsfussent couverts autrement qu’en chaume. Qu’arriva-t-il? outre celte vio-lation du droit commun, qui veut que tout propriétaire soit libre de cou-vrir sa maison à son gré, les tonneaux étaient plus exposés dans les entre-prôls des particuliers que dans ceux du gouvernement; tellement qu’en1820 , un affreux incendie détruisit, tant en bâtiments qu’en boissons, pourcinq millions de propriétés particulières.

Souvent l’autorité publique n’est pas assez puissante, ou assez éclairée,ou assez bien organisée, pour défendre les droits des individus contre lesoutrages qui peuvent les assaillir. Le comte Gorani rapporte que, pendantqu’il était à Rome, un horloger de réputation, nommé Rovaglio, fut volédeux fois quoiqu’il habitât un quartier fréquenté. Quelques jours après,cet horloger se trouvant dans les appartements du Vatican, pour en réglerles pendules, le pape Pie VI lui demanda des détails sur cette aventure.

Rovaglio lui en fit le récit, et ajouta : Ce qui m'inquiète, c'est que si lesgens ont envie de me voler une troisième fois, je ne vois rien qui les en em-pêche .— Bon, lui répondit le pape, vous voilà bien embarrassé ! munissez-vous d’un bon fusil et d'une paire de pistolets ; tirez sur ces coquins; et sivous les tuez, soyez bien tranquille :je vous donne d'avance mon absolution.

' Le chevalier Curtius de Prié. Voyez le Mémoire de M. de Sanla-Rosa surla révolution piémonlaise. Paris, 1821, imprimerie de Iluzard.