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QUATRIÈME PARTIE. - CHAPITRE III.
^Loin donc que les intérêts du pauvre et ceux du riche soient opposésentre eux, comme on le trouve établi dans les livres de la vieille poli-tique, et journellement répété par l’ignorance, on peut affirmer qu’ils sontexactement les mêmes. Vérité consolante, dont la propagation sera undes bienfaits de la science que nous étudions. Le pauvre, plus instruit,ne regardera plus les richesses avec une sorte de dépit, parce qu’il lesregardera comme favorables à ses propres revenus. Il comprendra quedes ouvriers qui pillent leur propriétaire sont des malheureux qui ruinentleurs propres ressources. Alors vous verrez le pauvre défendre les pro-priétés pour lui-même, plus encore que pour obéir à ses devoirs. « Les« préjugés, dit avec beaucoup de profondeur un écrivain de nos jours,« les préjugés font naître les difficultés : la raison seule les dénoue. »
CHAPITRE III.
Des différentes natures de propriétés.
Jusqu’ici nous nous sommes principalement occupés du fait de la pos-session et de ses conséquences. Nous allons étudier maintenant la naturedes choses possédées. Sans une classification des choses possédées qui les.embrasse toutes, en faisant une évaluation des biens d’une nation, d’unecommunauté, d’un particulier, nous ne serions jamais certains de la fairecomplète ; nous n’aurions pas la certitude d’avoir procuré des garanties àtous les genres de propriétés. Nous avons encore besoin de savoir de quoise composent nos propriétés, pour distinguer les opérations productivesde celles qui ne le sont pas. Les premières sont celles qui ajoutent quelquechose à nos propriétés ; les dernières sont celles qui n’y ajoutent rien, ouqui ne donnent à un homme que ce qu’elles enlèvent à un autre.
Nos propriétés se composant de nos biens, quels qu’ils soient, com-prennent nos biens naturels en même temps que nos richesses sociales.Ces dernières se partagent en fonds productifs et en produits. Lesproduitssont un bien en vertu des services qu’ils nous rendent immédiatement;les fonds productifs en raison de la faculté qu’ils ont de pouvoir produiredes choses qui nous serviront. Nous ne recueillons, pour l’usage, aucunservice d’un champ de blé; cependant il a un prix, il constitue une pro-priété pour celui qui le possède, en raison du blé qu’il produit.