DES DIFFÉRENTES NATURES DE PROPRIÉTÉS.
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Lorsque le blé est récolté, nous avons, outre la propriété du champ quin’en est point altérée, une autre richesse qui est son produit. Car les lois,d’accord avec la raison, ont attribué la propriété du produit au proprié-taire du fonds.
C’est ainsi que nos richesses, nos propriétés, consistent également enfonds productifs et en produits.
Relativement aux produits, je vous ferai remarquer que ceux qui sontconsacrés à une consommation improductive, c’est-à-dire, à la satisfactiondes besoins de l’individu et de la famille qui les ont recueillis, ne peuventjouer qu’un fort petit rôle dans l’évaluation de nos richesses; c’est unepropriété fugitive et peu considérable; car on ne fait pas des provisionspour un temps bien long, et ces provisions ne tardent guère à être com-plètement anéanties.
Quant aux produits qui consistent en approvisionnements pour nos ma-nufactures ou pour notre commerce, ils entrent dans nos inventaires, nonsur le pied d’approvisionnements purs et simples, mais comme faisantpartie de nos fonds capitaux. En effet, ils ne sont pas voués à une des-truction de valeur sans aucun retour, mais au contraire à une consom-mation qui fera passer leur valeur dans un nouveau produit, qui, parconséquent, la perpétuera. Dès lors, cette valeur n’est plus seulement unproduit : elle est un fonds durable et constant.
Les meubles à l’usage de la famille ne sont pas non plus de simplesproduits : ils sont de véritables capitaux dont le revenu consiste dans lesservices qu’ils rendent.
Ainsi donc, avertis comme vous l’êtes du degré d’importance, ou plu-tôt du peu d’importance pour nos fortunes, de celles de nos propriétésqui consistent en produits destinés à la satisfaction courante de nos be-soins, vous ne trouverez pas mauvais que je ne m’y arrête pas davantage,et que je passe à celles de nos propriétés qui consistent en des fonds pro-ductifs, et qui sont très dignes de fixer notre attention.
Les trois sortes de fonds productifs que nous avons analysées en étu-diant les opérations productives, composent le fonds de toutes les fortunes.Ils consistent, ainsi que vous l’avez vu, soit en un fonds de facultés indus-trielles, soit en un fonds capital, soit en un fonds de terre, soit plutôt enune portion de deux ou trois de ces fonds, réunis ensemble, mais en pro-portions fort diverses ’.
Voyez le tableau synoptique, page 112.