DES PROPRIÉTÉS INDUSTRIELLES.
S'il
cnllés naturelles et de talents acquis. Un homme qui sait manier les iné-; taux, qui est fondeur, forgeron ou graveur, tire un revenu de son travail,
| tant en vertu des facultés que la nature lui a départies, qu’en vertu de ses
j facultés acquises. Son intelligence qui lui a permis de concevoir, ses forces
j| physiques qui lui ont permis d’exécuter un produit quelconque, des mem-
bres déliés, des yeux pour les diriger, etc., font partie de ses facultésnaturelles. Son savoir, son expérience, son talent, font partie de ses facultési acquises. Les premières sont un don gratuit, une munificence du Créa-; teur, et ce don constitue la plus sacrée des propriétés, celle de la per-sonne. Les secondes, les facultés acquises, sont le fruit du travail et desépargnes de l’individu. Elles forment une propriété non moins sacrée ;
| car elles émanent des facultés naturelles (qui sont incontestablement à
! nous), de nos soins, de nos peines que nous pouvions ne pas prendre, de
\ nos épargnes enfin que nous pouvions dissiper.
Les facultés naturelles et les facultés acquises, bien qu’elles diffèrentdans leur principe et dans leurs résultats, ainsi que vous aurez lieu de vousen convaincre, sont pour l’ordinaire si intimement liées dans chaque in-dividu, qu’il devient très difficile de les distinguer dans les cas particuliers,et d’assigner ce qu’une certaine personne doit de ses revenus à ses facultésnaturelles, et ce qu’il en faut attribuer à scs talents acquis.
Une cantatrice célèbre qui lire un gros revenu de ses talents en doitcertainement une partie à ses études, mais elle en doit la plus grandepartie à un don de la nature. De l’atelier de David il est sorti tel peintrequi ne s’est jamais élevé au-dessus du genre des enseignes, et tel autrequi fait l’honneur de l’école française et jouit d’un revenu considérable.Leurs avances d’argent, leurs efforts ont pu être les mêmes ; mais les fa-cultés industrielles naturelles, ce qu’on appelle vulgairement les dispo-sitions, étaient beaucoup plus grandes chez l’un que chez l’autre.
Dans d’autres cas, les facultés naturelles sont les mêmes; et il y a unetrès grande différence dans les talents acquis. Un habile ouvrier n’a passouvent la vue plus fine, les doigts plus déliés que celui qui ne gagne que20 sous par jour ; mais un constant et laborieux exercice lui a donné unfondsde facultés industrielles qui vaut dix fois autant que le fonds de l’autre.
Si nous voulons savoir ce que vaut celle partie de notre fortune qui se
nom à l’ensemble des choses au moyen desquelles ou mène une entreprise in-dustrielle, et qu’on y comprend par exemple les machines et les bâtiments.