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Tome I.
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UES PROPRIÉTÉS INDUSTRIELLES.

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s’en dépouiller en faveur d’une autre personne. On enseigne, à la vérité,un talent ; mais l’instruction donnée par le maître à l’élève n’est point unecession du fonds du maître : c’en est une émanation, un produit. L’élèveachète ce produit avec une portion de ses revenus ; puis il l’accumule ets’en fait un capital. C’est ainsi que tout ce que nous dépensons, ou que nosparents dépensent pour notre éducation, compose une somme d’épargnesreprésentée par la capacité que nous avons lorsque nous sommes parvenusà Tàge d’homme. Le parti que nous lirons ensuite de notre capacité re-présente les pi olits de ce capital.

Bien que le fonds des facultés industrielles ne soit pas transmissible, ilpeut devenir la matière d’un contrat. Tous les jours on voit se former dessociétés de commerce, où l’un des associés fournit son capital, et l’autreson expérience et son talent. Lorsqu’on reçoit un salaire, des honoraires,un intérêt dans une affaire, sous quelque forme que ce soit, on donne àbail, on loue ses facultés ; ou plutôt on vend les services productifs quien émanent. Les facultés personnelles acquises sont la portion de notrefortune dont nous pouvons nous glorilier à plus juste litre ; car elles sontle prix et la récompense de nos peines, de notre persévérance, de vertusvolontairement embrassées, de qualités qui nous honorent.

Il va sans dire que le respect des propriétés, pour être suivi de tousses effets, doit s’étendre sur le fonds industriel ; et même la violation dece genre de propriété est la plus criante de toutes ; car cette propriété estde toutes la plus incontestable et la plus sacrée. Que penser d’après celades corvées, des conscriptions, de toutes les dispositions qu’on a faites etque l’on fait encore tous les jours en différents lieux du monde, de facultéshumaines sur lesquelles on n’a aucun droit? On convient généralementque lorsque le bien de la société exige que Ton s’empare de la maisond’un homme, la société lui doit une indemnité préalable ; et cependant oncroit pouvoir disposer sans indemnité d’une propriété bien autrement pré-cieuse pour lui : celle de sa personne ' ! Car enfin un propriétaire de maisonpeut trouver une autre maison pour s’y réfugier ; mais où se réfugieracelui dont on prend la personne ?

Les conscriptions et les recrutements forcés, outre qu’ils sont une viola-tion criante de la propriété (indépendamment des outrages qu’une guerre

' Si I3 solde d’un soldat était une indemnité suffisante, on ne serait pas obligéde payer de si fortes primes pour se faire remplacer à l’année.