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Tome I.
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DES PROPRIÉTÉS INDUSTRIELLES.

ritent pas plus la confiance publique que les autres 1 . La plus sûre garantieque puisse donner un homme chargé d’une mission de confiance, est saconduite antérieure, sa probité, sa capacité connues, et non pas son brevet.S’il a une bonne réputation, le brevet ne sert à rien : s’il en a une mau-vaise, le brevet est nuisible, puisqu’il désigne à ma confiance un hommequi n’en est pas digne, et souvent m’oblige à passer par ses mains parcequ’il jouit d’un privilège exclusif.

Quand Napoléon rétablit la corporation privilégiée des agents de changeet en nomma arbitrairement les titulaires, plusieurs de ceux qui en rem-plissaient jusque-là les fonctions, et qui jouissaient de la confiance descapitalistes, furent forcément jetés dans d’autres carrières à leur granddétriment. Lorsqu’il ne faut que de la faveur ou de l’argent pour obtenirune nomination , un intrigant peut y réussir; tandis que nul homme nefait plus d’efforts pour mériter la confiance du publie, que celui qui nepeut réussir que par elle.

La faculté locomotive, cette faculté de pouvoir changer de place ettransporter nos capacités dans le lieu où elles peuvent nous rendre le plusde services ; cette faculté si merveilleuse et à laquelle nous donnons si peud’attention, faitpartie de nos biens, de même que toutes les autres facultésque nous tenons de la nature, et les atteintes qu’on y porte sont par con-séquent des atteintes à la propriété. Un peuple qui n’est point choqué quel’on entrave sous différents prétextes la faculté qu’ont les hommes dechanger de lieu n’est point animé d’un véritable respect pour la propriété,et n’est point encore assez instruit pour avoir le sentiment de tous lesheureux fruits que peut produire le plein et entier usage de nos facultés.

Je ne me serais pas cru obligé d’insister sur ce point, si ce n’était qu’ilm’a semblé utile de montrer à ceux mêmes qui conviennent que les pro-priétés doivent être respectées, combien ils sont sujets à démentir leurdoctrine par les actes auxquels ils prennent part, ou qu’ils approuvent.

On aurait tort cependant de se prévaloir du droit de propriété que touthomme a sur l’exercice de ses talents acquis, pour refuser au maître d’unart le droit qu’il se réserve, pendant un temps, sur le travail de ses ap-prentis. Il jouit du talent de ses élèves en vertu d’un contrat équitable,d’après lequel le maître a donné une instruction qui a une valeur, pour

' Depuis que les agents de change de Paris fournissent un cautionnement,beaucoup de ces titulaires ont emporté les fonds qu’on leur avait confiés, et lescautionnements n’ont jamais indemnisé leurs créanciers.