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Tome I.
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DES PROPRIÉTÉS CAPITALES ET FONCIÈRES.

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l’exercice des facultés industrielles, gênent par contre-coup dans l’emploique chacun peut vouloir faire de ses capitaux. Quand on empêche un pro-priétaire de bâtir sur son terrain, comme il arrive à Paris, ou il n’est paspermis d’élever une maison autour des murs d’enceinte à une distancemoindre de cent mètres des murs ', en même temps qu’on le gêne dansl’usage de son terrain et de ses actions, on le gêne dans l’emploi de sesfonds. Par une raison du même genre, une atteinte portée à la sûreté despersonnes est une atteinte à toutes les propriétés.

Il faut comprendre parmi les capitaux plusieurs biens qui ont une valeur,quoiqu’ils ne soient pas matériels. Le cabinet d’un avocat, d’un notaire,la chalandise d’une boutique, la réputation d’une enseigne, le titre d’unouvrage périodique, sont incontestablement des biens; on peut les vendre,les acquérir, en faire l’objet d’un contrat; et ce sont des biens capitaux,parce que ce sont les fruits accumulés d’une industrie. Un avocat, par lasagesse de ses avis, par son assiduité et ses autres qualités, a fait concevoirau public une bonne opinion de son cabinet ; cette opinion favorable luidonne droit à de plus forts honoraires; ce supplément de profit est le re-venu d’un capital appelé réputation ; et ce capital est le fruit des soins etdes peines que l’avocat a pris pendant plusieurs années.

On en peut dire autant de l’habitude qu’une portion du public a con-tractée de se pourvoir dans un magasin plutôt que d’aller dans un autre. Leschalands ont reconnu, après plusieurs expériences, que dans ce magasinon trouvait des assortiments plus complets, des marchandises de bonnequalité, vendues avec un bénéfice modéré; ils ont été promptement servis,poliment accueillis ; ce sont là des soins qui ont leur prix ; et leur prix aété une chalandise qui fait partie du fonds.

Et remarquez, messieurs, que ce ne sont point là des subtilités. Il n’ya aucune de ces propriétés que nous analysons avec quelque soin, dont onn’achète le fonds ou le revenu en beaux et bons écus *.

’ C’est dans l’intérêt du fisc qui veut qu’on ne puisse pas frauder les droitsd’entrée; un impôt oppresseur entraîne ainsi une autre oppression. On paraîtne pas se douter que la prospérité publique est un bien supérieur à l’abondancedu trésor.

* Il y a dans Paris plusieurs magasins qui, par cette portion de leurs fonds,ont successivement enrichi depuis plus de deux cents ans les familles entre lesmains de qui ils sont tombés. Les uns ont passé des pères aux enfants, commele magasin portant l’enseigne de l'Y, rue de la Huchette, qui date du commen-

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