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Tome I.
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QUATRIEME PARTIE.

CHAPITRE V.

Je vous ai représenté les facultés personnelles comme constituant la plussacrée de toutes les propriétés, parce qu’elle est la plus incontestable, lacapacité d’un homme ne pouvant devenir celle d’un autre; et aussi parceque son origine est plus pure, puisqu’il s’agit ou d’un don fait par le Créa-teur au propriétaire, ou bien d’une création du propriétaire lui-même.Après cette propriété, la plus sacrée est certainement celle d’une valeurcapitale. Son premier possesseur Ta eue originairement à titre de créateur.Qu’est-ce en effet qu’un capital qui est le fruit de mes accumulations? Cesont des valeurs qui proviennent de mes fonds productifs et qui sont plus àmoi que ces fonds eux-mêmes ; car je pouvais consommer ces produits,les détruire. Si j’avais le droit de les anéantir, j’avais donc celui d’anéantirtoute autre prétention que Ton pouvait élever sur eux. En les épargnant,j’ai acquis un droit équivalent à une seconde création pleine, entière etexclusive. Lorsque je transmets un capital par succession ou par conven-tion, je transmets donc le meilleur de tous les titres.

Malheureusement, il n’en est pas de même des fonds de terre. C’est legenre de propriété dont la légitimité est la plus douteuse, ou plutôt il n’ya pas un héritage qui ne remonte à une spoliation violente ou fraudu-leuse , récente ou ancienne. Quel est le propriétaire qui puisse prouverque sa terre a toujours passé à titre onéreux, ou par don volontaire, oupar succession, de main en main, du premier occupant jusqu’à lui?

Mais quand même une origine suspecte établirait entre les diverses pro-priétés différents degrés de légitimité ; quand même la propriété foncièreserait la moins honorable de toutes, l’intérêt de la société veut qu’on lagarantisse à l’égal de toutes les autres, et même qu’on simplifie les lois quilui sont relatives, de manière à rendre chaque propriétaire aussi tranquilledans sa jouissance que Ton le peut en respectant les droits d’autrui. Si Ton

cernent du dix-septième siècle ; d’autres ont été acquis à titre onéreux par diffé-rents propriétaires. Ces réputations durent aussi longtemps que les propriétairesse conduisent d’après les mêmes principes, et même un peu par-delà. Lorsqu’ilsen changent, la réputation se perd graduellement, comme un capital que Tondissipe; et alors la chalandise ne vaut plus que ce que valent les autres, etquelquefois moins.

Dans les villes populeuses et considérables, où toute espèce de vogue équi-vaut à une fortune, c’est un bon calcul que d’acquérir une chalandise par dessoins assidus; parce qu’alors elle repaie avec usure ce qu’elle a coûté. Il n’y apersonne qui ne puisse en citer plusieurs exemples.