DES SYSTÈMES DE LEGISLATION ECONOMIQUE.
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d’une semblable mesure! L’homme est si peu prévoyant, il est tellementdisposé à sacrifier l’avenir au présent ! L’appât d’un gain actuel est si dan-gereux, qu’on ne peut s’en rapporter à l’intérêt personnel d’une précautionde cette importance ! Que deviendraient le peuple, l’état tout entier, sil’imprévoyance ou le besoin enlevaient des greniers le gage de la récolteprochaine? Cependant, faute d’officiers publics préposés à la surveillance,à la conservation des semences, en a-t-on jamais manqué, même dansles temps les plus calamiteux? C’est ainsi que Ton peut presque toujourss’en rapporter à l’intérêt privé du soin de faire ce qui est opportun. Le seulsoin utile que puissent prendre les gouvernements, est d’empêcher quel’intérêt des uns ne porte préjudice aux droits des autres ou du public.Telle est leur véritable mission.
Ces vérités si simples étaient, jusqu’à la fin du dernier siècle, trop mé-connues ou trop mal prouvées, pour arrêter les princes ou leurs ministresqui trouvaient dans les lois, les réglements, les droits d’entrée, etc., non-seulement des occasions d’exercer leur autorité, mais des moyens de sou-tenir leurs dépenses. De là cet amas de dispositions législatives et régle-mentaires qui a, non pas précédé, encore moins occasionné, mais suivi etjusqu’à un certain point entravé, dans les différentes parties du monde,! les développements brillants qu’ont, par d’autres causes, reçus les arts '.
[ Tels sont, messieurs, les motifs sur lesquels je me fonde pour rapprocherdes principes qui président à la production des richesses les lois qui ont| été faites ou proposées dans le but de déterminer la manière de procédert à la production, aussi bien que celles qui ont pour objet de favoriser l’ar-
1 lies partisans des vieilles maximes prétendent que les progrès des arts onti eu lieu précisément à cause de ces vieilles maximes réduites en pratique; maisil est insensé d’attribuer un effet à des causes contraires à cet effet, lorsqu’il a: existé des causes qui lui étaient favorables. C’est précisément la connaissance
de la manière dont les causes agissent qui constitue la science de l’économiepolitique. «JParmi les êtres animés, a dit un auteur judicieux*, il n’en est aucun ^qui puisse influer sur sa propre destinée autant que l’homme; il n’en est aucun jqui ait plus de moyens de paralyser les causes qui tendent à lui nuire, ou de jseconder celles qui lui sont favorables ; mais pour agir dans l’un ou dans l’autresens, il a besoin de voir distinctement quelles sont ces causes. S’il ne les connaîti pas, il reste inactif; s’il les juge mal, il agit dans un sens contraire à sesS intérêts./»
Oh. Comte, Traité de Législation, tome lit, (j tir,i.