m
QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE VUE
rivée des métaux précieux ou des produits bruts, et de s’opposer à l’intro-duction des produits ouvrés. Nous verrons aussi quel est l’effet des loisqui accordent des privilèges à des compagnies de commerce ou bien à desétablissements coloniaux. Rien de ce qui peut influer favorablement oudéfavorablement sur la prospérité publique ne doit rester étranger à nosrecherches.
CHAPITRE VIII.
Origine du système réglementaire.
Je vous ai prouvé, messieurs, que toute restriction qui n’est pas néces-saire pour protéger les droits d’autrui, est un attentat à la propriété. Nousdevons maintenant être curieux d’observer l’effet qui en résulte par rap-port à la richesse générale et particulière.
Avant l’affranchissement des communes, qui eut lieu dans le cours duXII e siècle, en France et dans presque toute l’Europe, il n’y avait point degrandes villes, et surtout point de cités commerçantes et industrieuses.Tout ce qui n’était pas noble ou prêtre, était serf ; et les serfs ne pouvaientà leur gré aller ni venir, se marier ni commercer, ni disposer de leursbiens. Ils exerçaient quelques métiers sous le bon plaisir de leurs sei-gneurs, qui les soumettaient à des exactions et à des avanies multipliées.
Aussi, riudustrie des villes n’excédail-elle pas celle de nos plus méchantsvillages, où l’on voit çà et là un maréchal-ferrant, un boucher, un tisse-rand , un tanneur, etc. Il n’y avait véritablement de manufactures et demaisons de commerce que dans les républiques d’Italie et dans l’empiregrec, qui n’était pas encore devenu la proie des Ottomans. Les objets quele commerce seul pouvait procurer étaient colportés par des juifs et desmarchands forains, souvent rançonnés par les nobles sur les terres des-quels ils étaient obligés de passer.
Mais lorsque les villes eurent racheté ou conquis la liberté personnellede leurs habitants et se furent mises sous la protection de l’autorité royalepour se soustraire aux vexations féodales, la propriété s’y trouvant plusassurée, les arts de l’industrie, et par suite le commerce de détail, y firentde grands progrès. Les foires diminuèrent d’importance ; mais les bou-tiques et les magasins se remplirent; on amassa quelques capitaux; onforma des ateliers; on put entreprendre des opérations qui exigeaient dutemps et des avances. Les hommes qui exerçaient la même profession,