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Tome I.
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DES APPRENTISSAGES ET DES MAITRISES.

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réunis par un intérêt commun, s’assemblèrent et s’entendirent, soit pourprésenter une résistance plus efficace aux vexations du pouvoir, soit pourenvoyer des députés au conseil de la commune.

Jusque-là rien de mieux. Les confédérés se proposaient un but légi-time; celui de protéger mutuellement leurs travaux, et de s’en assurerles fruits. Mais peu à peu les corporations en vinrent à faire sanctionnerpar l’autorité des statuts par lesquels on défendait à qui que ce fût d’exercerla même profession, s’il ne faisait partie de la communauté; et l’autorité,en conférant ce privilège, se ménagea les moyens d’exercer son influencesur la communauté, et s’en servit même quelquefois pour réprimer lesentreprises de la noblesse et du clergé. Les mêmes privilèges furent suc-cessivement réclamés et accordés aux différentes professions dont l’en-semble comprenait presque toute l’industrie des villes. Chaque professionformait un corps de métier qui élisait ses syndics ou officiers, quelquefoismême le prévôt desmarchands on maire; la ville appelait cela ses privilèges,et elle en faisait jurer le maintien par lesprinces auxquels elle se soumettait.

Telle fut l’origine des corporations ou jurandes à l’aide desquelles onest parvenu, presque partout en Europe, à surcharger l’industrie d’unefoule d’entraves qui subsistent encore en beaucoup d’endroits, et qui sontvivement défendues, soit par les gens qui fondent leur succès sur le mo-nopole, soit par ceux qu’anime une certaine prédilection pour les institu-| tions anciennes et pour les abus qui ne sont préjudiciables qu’au public.

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CHAPITRE IX.

Des apprentissages, des maîtrises, et de leurs effets.

L’objet que se proposent les maîtres dont la réunion forme une corpo-ration, est bien évident. Ils veulent partager entre eux seuls les profitsd’un art ou métier quelconque ; et pour que leur nombre soit d’autant plusréduit, ils opposent des difficultés aux personnes qui aspirent à faire partiede la communauté. Autrefois, dans la plupart des villes, un ouvrier n’étaitpas admis à travailler chez un maître si d’abord il n’avait été reçu com-pagnon , et il n’était reçu compagnon qu’après avoir, pendant plusieursannées, travaillé gratuitement comme apprenti. L’homme le plus adroitet le plus habile dans son art, s’il l’avait appris dans une autre ville, et àplus forte raison dans l’étranger, ne pouvait gagner sa vie par son travailsans s’exposer à être puni comme un malfaiteur.