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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE.

CHAPITRE IX.

Il fut prouvé, par exemple, dans une discussion qui eut lieu à la chambredes députés, en 1822, que la viande de boucherie, qui coulait au consom-mateur, prix moyen, 12 sous la livre, pouvait être établie pour 6 sous 1/2 1 ;ce qui a donné un bénéfice tellement usuraire, que le droit de débiter àParis de la viande était devenu une place de finance qui se vendait centmille francs et plus. Le gouvernement a depuis ce temps prononcé lasuppresssion graduelle de ce monopole, qui avait diminué le commerceet la consommation de la viande à Paris dans la proportion de 75 à 56,ou de près d’un tiers ; les provinces de France qui fournissaient des bes-tiaux à la consommation de Paris souffraient, comme de raison, de cettediminution 2 .

' Séance du 28 juin 1822, discours de M. Ilumblot-Conté. Un nombre con-sidérable de garçons bouchers, que le monopole empêchait de s’établir, vinrentremercier, pour cette révélation, l'honorable député.

Il faut convenir aussi que le haut prix payé par le consommateur pour laviande de boucherie n’était pas dû uniquement au monopole exercé par les maî-tres bouchers, mais en partie à d’autres abus, tels qu’une caisse publique (lacaisse de Poissy) par les mains de laquelle les maîtres boucliers sont encoreforcés de passer.

2 Malgré l’augmentation du nombre des bouchers et l'atténuation des effetsdu monopole dont ils jouissaient, le prix de la viande n’a pas cessé de s’éleverà Paris, et la quantité consommée ne s’est pas accrue dans la même proportionque la population, d’où l’on peut conclure que les ouvriers parisiens n’ont paspu se procurer une nourriture aussi substantielle que celle qui était en usagecinquante ans plus tôt. Mais les causes de ce résultat fâcheux sont multiples, etl’on peut l’attribuer en grande partie à un autre monopole qui a été réservé auxéleveurs de bestiaux. Antérieurement à 1816, le bétail étranger arrivait libre-ment de tous les points; à cette époque, des droits de douane, légers d’abord,furent imposés; chaque bœuf entr’aulres eut à payer 3 fr. 30 cent, pour entrerà la frontière; mais plus tard, en 1822, lorsque les intérêts des grands proprié-taires fonciers devinrent prépondérants dans les chambres législatives, unbœuf fut taxé à 55 fr. Dès lors, les contrées autrefois françaises des bords duRhin ne purent plus envoyer leurs produits sur les marchés de l’intérieur; ceuxdes agriculteurs dont l’industrie consiste à acheter les bœufs jeunes et maigres,afin de les engraisser pour la boucherie, eurent plus de difficultés à se pourvoir.La viande a été ainsi rendue plus chère par suite d’une protection exorbitanteaccordée aux grands propriétaires fonciers, éleveurs de bestiaux. Pour ce quiconcerne celte branche de consommation, les causes de renchérissement ont