DES APPRENTISSAGES ET DES MAITRISES.
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Dans beaucoup de cas, le monopole est préjudiciable au public sansêtre profitable pour les monopoleurs. Car, si un privilège exclusif les pré-serve de la concurrence des non-privilégiés, il ne les préserve pas de laconcurrence de leurs confrères. Chacun d’eux est d’ailleurs exposé, en saqualité de consommateur, à subir le préjudice que les corporations fontretomber sur le public. S’il vend un peu plus cher les objets de son com-merce, il paie un peu plus cher les objets de sa consommation. Vous avezvu, messieurs, que la moindre augmentation de prix est toujours accom-pagnée d’une diminution de consommation, c’est-à-dire de jouissancepour le public, et qu’au contraire toute diminution entraîne une consom-mation plus large, une prospérité publique plus grande 1 ; tout mono-pole , et par conséquent toute corporation, est en cela préjudiciable à lasociété tout entière.
Mais, indépendamment des désavantages que, dans les corporations,les maîtres supportent en commun avec le public, il y en a d’autres quileur sont particuliers. N’est-ce pas, pour le membre d’un corps, perdreun bien qui a une valeur que de perdre son indépendance, de n’être pasmaître chez soi, et, quand on a de bonnes idées, de se voir soumis à ceuxqui n’en ont point?
Il y avait en outre en France des dépenses que l’on répartissait sur lesmembres de la communauté. Le gouvernement leur faisait payer la pro-tection qu’il leur accordait contre l’industrie et les droits des autres ci-toyens, comme si cette protection était légitime, et comme si une protec-tion , même légitime, n’est pas payée par l’impôt ordinaire. Il y avait deplus, et des frais de réception 2 , et des frais de repas, et des frais pour les
donc été diverses; les exemples des inconvénients qui résultent des corpora-tions et des maîtrises sont plus frappants quand on les puise dans l’industriemanufacturière, ainsi qu’on le verra d’ailleurs dans la suite de ce chapitre*
(Noie de l’éditeur.)
' Voyez III e partie, cliap. 4.
2 Les frais de réception et ceux d’apprentissage étaient autant de portionsde capitaux qu’on avait de moins en se mettant dans les affaires, quand on par-venait à s’y mettre. Toutes ces dépenses avaient en outre pour effet d’augmenterles frais de production ; et l’on a vu (partie I, chap. 9) que l’augmentation desfrais de production équivaut à un déclin dans l’industrie. Je ne prétends pour-tant pas que l’industrie ait positivement décliné aux époques dont je parle; car