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Tome I.
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DES ARGUMENTS EN FAVEUR DES CORPORATIONS.

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quelques débris de la civilisation romaine. Sous ces faibles et méchantsempereurs, toute espèce d’industrie fut mise en privilège; quelques-unesmême devinrent l’apanage des favoris du prince, ou de ses domestiques,ou même du trône. Aussi l’empire d’Orient nous offre-t-il l’exemple assezrare d’arts entièrement perdus, comme celui de la teinture pourpre. Leprince et sa famille s’attribuèrent le privilège de porter seuls cette magni-fique couleur ; et pour être plus sûr de son fait, le gouvernement finit parrenfermer dans les manufactures impériales les ouvriers qui connaissaientcet art. Dès lors, il acheva de décliner faute de concurrence; et, finale-ment, fut anéanti avec le gouvernement, de même que le secret du feugrégois qui enflammait, dit-on, les vaisseaux ennemis sous les eaux.

CHAPITRE X.

Des arguments qu’on a fait valoir en faveur des corporations.

Les plus mauvaises institutions veulent être soutenues par quelquesprétextes plausibles. On a représenté les communautés d’arts et métierscomme un gage de la moralité de ceux qu’on y admet, comme une garantieofferte au public de la bonne qualité des produits. « Depuis que la liberté« a été rendue en France à toutes les industries, disent-ils, la mauvaise« foi la plus insigne a pris la place de Tordre et de la probité ; la délica-« tesse et la prudence sont bannies des affaires ; les banqueroutes suc-« cèdent au banqueroutes; l’honnête marchand, qui ne veut offrir que des« marchandises franches et loyales, n’en trouve plus le débit : c’est ainsi« que se consomme la ruine des plus anciennes maisons, etc. »

On peut répondre à ces assertions par des assertions opposées, et Tontrouvera autant d’exemples de fraudes et de ruines que Ton voudra pourjustifier le mal qu’on se plaira à dire de quelque époque que ce soit.

Les vins étaient-ils moins frelatés avant que la corporation des mar-chands de vins fût détruite? Ont-ils cessé de l’être lorsqu’elle a été ré-tablie ?

Si même à une époque où le commerce a pris plus de développement,où il y a une plus grande somme de capitaux, une plus grande masse degens qui se vouent à l’industrie, et une bien plus grande variété de pro-duits, il se rencontrait plus de fraudes, plus d’entreprises mal conçues oumal conduites, et plus de faillites qu’à des époques de moins grande acti-