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Tome I.
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QUATRIÈME PARTIE. — CHAPITRE XI.

L’opinion générale, celle même des hommes que Ton regardait commeles pins éclairés dans les matières commerciales, en était là, lorsque quel-ques écrivains français, ceux que nous avons déjà désignés par le nomd’économistes du dix-lniilième siècle, attaquèrent par la base le systèmede la balance du commerce. Voulant découvrir la source des richesses, ilfallut qu’ils examinassent de quoi les richesses se composent'; et ils n’eu-rent pas de peine à démontrer que beaucoup de choses tout au moinssont des richesses, qui ne sont pas de l’or et de l’argent.

Cette semence devint féconde dans la tête du célèbre auteur de laRichesse des nations, qui prouva qu’une nation n’est pas intéressée à rece-voir en paiement un objet préférablement à un autre ; ou plutôt que, lors-qu’on la laisse libre de choisir, elle reçoit toujours l’objet qui lui procurele plus de profits ; qu’il n’est pas possible qu’un pays étranger qui n’a pointde mines la paie en métaux précieux, et que les efforts que Ton fait dansce but n’aboutissent à rien, si ce n’est à restreindre, à détruire quelque-fois des relations de commerce dont tout le inonde aurait profilé, et àrenchérir les objets de consommation au détriment des consommateurs.

La doctrine de Smith est maintenant adoptée par tous ceux qui ont faitpreuve de quelque capacité en économie politique, quelles que soient d’ail-leurs les nuances d’opinions qui les divisent. Personne ne peut nier quele blé qui remplit nos greniers, le sucre et le coton qui garnissent nosmagasins, soient des richesses; personne, en conséquence, ne peut nierraisonnablement la possibilité d’acquérir des richesses autrement qu’enacquérant des métaux précieux. Ces vérités commencent même à influersur les mesures des gouvernements les plus éclairés, mais faiblement. (Uncertain nombre de gens défendent les préjugés parce qu’ils en vivent;beaucoup d’autres, trop peu ou trop mal instruits pour être en état deporter un jugement par eux-mêmes, et pour s’apercevoir de quel côté sontles bonnes raisons, s’abstiennent de prêter au bon sens l’appui du grandnombre; enfin, ceux qui gouvernent renoncent difficilement aux occa-sions de lever des contributions et d’exercer leur autorité. Ils ne fontpresque jamais un sacrifice, à moins d’y êire contraints par la force, ouentraînés par l’opinion, qui est une force aussi. On ne peut donc se flatter

portant des produits manufacturés; beaucoup de personnes pensent que la prin-cipale source de la prospérité publique réside dans des colonies dépendantes oudans de vastes compagnies de commerce privilégiées, etc. Les effets de tous cesdifférents systèmes seront examinés successivement.